20.06.2008
"Eux" et "Nous" (complété)
L'intelligentsia sociale libérale au service de la bourgeoisie tend depuis la chute de l'URSS à considérer comme un acquis culturel l'idée de la profonde identité de nature entre "l'extrême gauche" marxiste léniniste et la droite fasciste et/ou néo nazie. "Les extrêmes se rejoignent" entend on nous. Il y a déjà un cynisme évident à vouloir juger criminel (ce qu'ils ont été) les régimes totalitaires des années 30-40 du 20ème siècle, éludant les crimes abominables et continus du capitalisme et des impérialismes bourgeois. Mais cette violence s'exercant surtout dans les "quartiers sensibles" ou dans certaines sociétés du Tiers Monde, elles sont distanciées, inexistantes. C'est la même attitude des Allemands dans les années 30, qui ont refusé la violence antisémite de la Nuit de Cristal, mais se sont complaisement tus face aux déportations vers les camps de la mort. Distance et indifférence : "on ne savait pas", "les temps étaient durs pour tout le monde". Voilà les excuses habituelles de la complicité face à l'oppression.
Alors : au-delà des crimes perpétués par les expériences de socialisme réel (d'ailleurs ces "crimes" sont pour beaucoup à replacer dans leur contexte, mais cela est un autre débat), et en ne considérant pas ceux (quotidiens et intentionnels) causé par le capitalisme, peut on considérer que l'on peut légitimement comparer extrême gauche et extrême droite ?
Tout d'abord les "points communs" sur lesquels se fondent ces allégations : fascistes et marxistes rejettent le "système". Notons toutefois que la définition du "système" n'est pas la même, on y reviendra. Ces deux courants ont fait un usage de la violence comme moyen d'ingénierie sociale, les deux idéologies sont exclusives : bourgeois ou étranger il existe toujours un ennemi à combattre et de là découle le totalitarisme paranoïaque, d'autant que les deux courants procédent d'une même origine épistémologique qui se fonde sur une vision progressiste de l'histoire et sur le paradigme de la lutte comme moteur de l'histoire (des classes sociales ou des "races" ce dernier concept ayant évolué en surface du biologisme au culturel et du suprématisme à l'ethno différencialisme).
Analysons maintenant plus précisement ces théories comparatives :
Le combat est-il le même à droite comme à gauche ?
1er constat : les fascistes en panne d'idée, comme à leur habitude, ont joyeusement pillé et retourné les thèmes de luttes de la gauche populaire depuis 1968 : l'enracinement, le rejet de la mondialisation marchande, le combat pour le droit des peuples à vivre leur identité. Ce combat culturel, fait parti des luttes de la gauche, mais d'un point de vue dialectique et subjectif alors que la droite l'a réinterprété sur un plan différencialiste et métaphysique.
Exemple : le droit à défendre son identité (parler sa langue, vivre et travailler au pays, régionalisme) fait partie des luttes de la gauche radicale comme de la droite "identitaire". Mais pour les identitaires (par exemple Alsace d'abord), il s'agit d'une vision du monde exclusive où chaque identité européenne doit défendre son territoire en entretenant des relations d'amitié à l'égard des autres peuples européens, et en luttant activement contre l'islam pour défendre la civilisation européenne. Cette définition de l'identité a un caractère exclusif, dont on voit les tristes résultats en ex Yougoslavie et au Liban. Les identitaires, prônant ouvertement le communautarisme, expliquent l'échec de ces sociétés communautarisées en désignant l'islam comme coupable : n'était les musulmans ou les albanais (ce qui pour eux revient strictement au même), ces sociétés seraient en paix. On attend les explications civilisationnelles concernant les irlandais ou les basques. Mais plus sérieusement, cette analyse pose trois problèmes :
- Le problème de la lutte anti raciste : les identitaires s'affirment antiracistes, mais clament le droit de préférer "les nôtres avant les autres", ce qui reste objectivement la définition de la xénophobie. Une xénophobie basée en plus sur des considérations raciales, car en dépit de leur délicate prudence lexicale, les identitaires défendent clairement les "blancs" contre les "autres". Ce n'est pas tout : les identitaires ont leur solution : une société multiculturelle (donc selon eux multiraciale) étant aussi une société multiraciste, la solution est de séparer tout le monde, chacun chez soi et tout le monde sera mieux. Reste à définir les contours géographiques de cette Grande Europe, les identitaires n'ont pas d'idée précise mais une chose est sûre : ce sera une Europe blanche, chrétienne ou néo païenne. Résumons : xénophobes, racistes et prônant la ségragation à l'échelle de la planète au nom du respect des différences (!), les identitaires seraient selon leurs dires d'authentiques antiracistes (pardon : "ethno différencialistes), on peut toujours rêver...
- Le problème de la lutte anticapitaliste : pour les identitaires c'est clair (et sans jeu de mot) : l'ennemi c'est le capitalisme. Il arrive toujours un moment, où après (et avant) avoir dénoncé la barbarie islamique qui menace l'Alsace et l'Europe depuis Charles Martel (petit aparté : il est savoureux de voir certains néo païens défendre les carolingiens comme sauveurs de l'Europe : les massacres des païens Saxons après tout, il suffit de l'oublier : on défend la mémoire mais à condition de choisir : vous dites hypocrites ?), les identitaires vous expliqueront que tout ça s'est la faute des capitalistes (et surtout des Américains : anticapitalistes oui mais aussi xénophobes), des patrons voyous, la racaille en costard qui pille la planète et menace toutes les identités, et donc aussi les identités d'Europe. Les identitaires veulent donc carrément abolir le capitalisme et la mondialisation qui va avec, et qui explique les flux migratoires tant detesté. Bon. Une fois que l'on sera débarrassé de la racaille capitaliste (mais on ne sait pas comment : les identitaires n'ont pas d'idées non plus à ce sujet) les identitaires imaginent leur monde meilleur : un monde pour les meilleurs. Et c'est là que l'on retrouve nos bons vieux clichés fascistes. Certes les identitaires veulent plus parler culture et islamophobie que projet de société et pour cause : s'ils peuvent recruter sur le rejet des autres, en particulier des musulmans, pas sûr que leurs adeptes les suivent sur le terrain social. A quoi doit ressembler la société selon un enraciné identitaire ? Des communautés, de préférence rurale, où règne le régime de la petit propriété et du travail de chacun, soudé par des fêtes et des référents culturels (religieux ou non) commun, une société patriarcale ou l'individu appartient à une famille, un village clan, une région tribu autarcique, hiérarchisé et défendu par ses chefs issu du peuple et choisit au mérite. Une société ouverte à l'échange avec l'autre, d'abord le voisin européen, et beaucoup plus rarement à l'autre lointain par un commerce savamment organisé. Joli tableau non ? Oui cela sent fort la société féodale, parée de la modernité. L'horloge des identitaires, comme de l'ensemble de l'extrême droite s'est arrêté le 4 août 1789. Une fois dépouillé de ces oripaux on peut poser à cette société les mêmes questions qu'en 1789 : la propriété moyenne puis la libre concurence (donc la concentration, donc les inégalité donc les luttes de classes et s'est reparti !) ? Le mérite ou plutôt le règne de l'oligarchie (on sait comment est utilisé la notion de mérite) ? Et les choix individuels (être athé, vouloir changer de religion, vouloir être homo) et les droits de la femme (société féodale donc patriarcale) ? Bref, nos identitaires ne rêvent en fait que d'une société aristocratique (donc compétitive donc tôt ou tard capitaliste) et inégalitaire : la notion d'inégalité étant même le fondement de leur pensée (D'Evola à de Benoist). Chassons les "autres" pour s'exploiter entre blancs : c'est ce que le peuple veut ! A côté de la plaque...
- Dernier problème : celui de la défense des identités. Paradoxalement, les "identitaires" sont les fossoyeurs de l'identité. Un comble ! Nous l'avons dit, ces fascistes culturels partagent avec les marxistes l'idée que la bourgeoisie est une menace à l'identité des peuples. Ils toutefois cultivent un mythe bourgeois tenace (cela n'a rien t'étonnant : n'ayant pas d'idées ils puisent chez les autres du matériel de pensée) : le marxisme comme le capitalisme veulent homogénéiser les cultures. Pour les marxistes, la défense du droit des peuples est essentiel dans la pensée marxiste, il s'agit de défendre le droit de chaque peuple de parler sa langue, vivre et travailler au pays, gérer son territoire, mais là selon que ce peuple dispose plutôt d'une identité culturelle (par exemple les Juifs ou les Musulmans en Alsace qui n'ont pas de territoire) ou d'une identité nationale, (selon la définition élaborée par Staline), auquel cas, ces droits et moyens d'action seront bien sûr plus étendu. Le droit des peuples, comme chaque droit, doit cependant être limité par trois principes : le principe de l'internationalisme, le principe de l'égalité des droits des minorités, le principe du socialisme. Analysons ces trois principes : ils sont essentiels pour nous distinguer des fascistes : - l'internationalisme :aucune identité ne peut vivre de façon autarcique, l'histoire montre que cette forme d'organisation sociale renvoi au système féodal, donc à la compétition, c'est-à-dire la guerre pour la suprématie. L'obsession ethno culturelle des identitaires les oblige à envisager de restraindre le champ des relations selon des critères "civilisationnels" (en fait raciaux), sans solidarité internationale, les peuples sont condamnés à être gérés par des élites qui chercheront toujours dans l'affrontement et l'impérialisme conquérant un moyen de résoudre les contradictions internes à ce type de société. Bâtir un sentiment de solidarité internationale est difficile cependant, le principal frein étant les manipulations de la petite bourgeoisie qui voit dans le contrôle de l'identité un moyen d'ascension sociale (exemple le sionisme ou le commerce halal). Cette aspiration pacifique travaille cependant les masses laborieuses qui font chaque jour l'expérience au travail ou dans leur quartier de la cohabitation internationale, à nous d'oeuvrer à unir ces masses derrières ce qui les rassemble et à dépasser les clichés nationalistes qui les animent et le détourne de leur intérêt objectif au profit d'une poignée de petit bourgeois et d'associations vendues à la contre révolution. - l'égalité des droits : pour vivre en paix, il faut donner à chaque culture des droits en rapport avec ses besoins. Il est important cependant que ces droits soient des conquêtes des masses et non d'associations de petits bourgeois toujours prêt à récupérer les aspirations populaires. Il faut que ces droits soient issus de débats démocratiques au sein des masses elles mêmes. Il faut que les masses fassent l'expérience de leur autonomie, sans se laisser parasiter par des éléments contre révolutionnaires (bourgeois ou réactionnaires). La satisfaction de ces droits par les masses elles mêmes est une garantie de cohésion sociale et d'expérience d'égalité collective. A l'inverse, si les droits sont obtenus par (et donc pour) les pions de la bourgeoisie, ce sera pour faire de l'éternel surenchère, et pour organiser une ségrégation stricte entre les cultures (à commencer par exemple par la questions du mariage intercommunautaire auquel s'opposent systématiquement rabbins, prêtres et imans et autres "identitaires" xénophobes). - le socialisme : le but de cette approche démocratique et révolutionnaire de la vie entre cultures est précisement d'organiser une société qui préserve les différences de chacun dans l'égalité de tous. C'est aux masses de défendre leur identité, et d'apprendre à vivre en égalité et en paix avec les Autres. Les socialistes sont progressistes : ils tiennent compte du mouvement dialectique de l'histoire : les identités se recomposent en permanence, si certaines disparaissent, d'autres naissent. Les hommes ont aussi le droit de vouloir renoncer à leur identité. Cela n'a rien de comparable avec l'uniformisation (relative) bourgeoise : d'un côté s'est un mouvement de destruction autoritaire et impérialiste, de l'autre, un mouvement démocratique basé sur le libre arbitre. Avec ces identités (et non pas contre elles) et avec les masses, les socialistes veulent bâtir un homme nouveau : libre de ces choix individuels et qui assume la part collective et universelle de son identité, un homme communiste. Le communisme n'a jamais détruit les identités : où ont-elles été le mieux préservées ? Dans cette Europe jadis "soumise" au joug communiste (et social impérialiste après les années 1950) ? Où dans cette Europe des Nations, cette Europe occidentale, un des coeurs du système capitaliste mondialisé ? Il n'y a qu'à voir : depuis la chute des communistes (en réalité depuis les années 1950), ces identités à nouveau piégée par la petite bourgeoisie belliqueuse et nationaliste se dresse les unes contre les autres, stimulées par les luttes contradictoires des bourgeoisie de l'Ouest et d'Amérique qui ont fait de cette Europe un terrain d'affrontement. Alors que ces nationalités vivaient en paix et en égalité auparavant, une fois libérée de leur maîtres féodaux et parasites petit bourgeois. Evidement, la propagande bourgeoise a toujours voulu assimiler la lutte des classes, que ménent les socialistes dans chaque culture, avec une persécution culturelle dès lors qu'elle s'en prennait aux féodaux, aux religieux ou aux petits bourgeois, perçus comme les "remparts" de l'identité, méprisant la capacité des masses à vivre et gérer elles mêmes cette identité. On voit que même sans élites, les masses ont conservé leur identité, garantie par les comités populaires et l'Etat central. S'il est une identité à devoir être défendue aujourd'hui, c'est bien celle de marxiste : attention camarade ! Ne te laisse pas charmer par la propagande bourgeoise, cultive une vision claire de l'idéologie marxiste, soit à l'écoute du peuple et de ces attentes subjective comme ses revendications identitaires par exemple, et enseigne autour de toi la dialectique marxiste : la lutte des contraires. Rien n'est bon, rien n'est mauvais, tout est en lutte, distingue l'aspect révolutionnaire d'une question de son aspect contre révolutionnaire. Sert la masse, sert le peuple ! Egalité ! Démocratie ! Collectivisme !
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17.06.2008
Education et conscience
Un article interessant sur le fonctionnant des Coopératives, qui constituent des lieux d'expérimentation collective et anticapitaliste. Ce genre d'initiative sont à multiplier pour accroître les expériences sociales au sein des masses travailleuses, malgré leur nature fondamentalement réformiste, elles se situent sur le plan de l'évolution et de la conscientisation des masses vers la pertinence d'une alternative au capitalisme et à la logique de rendement qui le mine. A lire, méditer et diffuser ! -------------------------------------------------------------------- Les Sociétés COopératives de Production (SCOP) Préambule : les SCOP ne sont pas un SCOOP « L’économie sociale doit être une voie humaniste au sein de l’économie de marché ». Cette citation du président de l’Union Régionale (UR) SCOP Ile-de-France est révélatrice de la philosophie de la Confédération Générale des SCOP et du Mouvement coopératif. L’objectif des coopératives de production n’est pas d’abattre le capitalisme, mais de développer une autre manière de gérer des entreprises, sans forcément rompre avec le libéralisme. Néanmoins, les SCOP méritent l’attention car elles invitent à une remise en cause, partielle, du capitalisme et parce qu’elles constituent une expérience autogestionnaire. Sans être le Cheval de Troie de l’autogestion anarchiste, elles offrent des pistes intéressantes. Présentation des SCOP En 2006, on compte 1.700 SCOP qui représentent 36.000 salariés et un chiffre d’affaires de 3 milliards d’€. Leur poids dans l’économie française s’accroît : en 1996, elles n’étaient que 1.400 pour 29.000 salariés. Une entreprise doit être reconnue par la Confédération Générale (CG), qui contrôle son fonctionnement, ainsi que par le Ministère du Travail pour bénéficier du statut de SCOP. Inversement, toutes les coopératives ne sont pas forcément des SCOP. Ces entreprises sont surtout développées dans le BTP (11.500 emplois en 2005) et les industries (textile, métallurgie, carton...), mais les services commencent à prendre l’ascendant (14.000 emplois en 2005). La taille moyenne de ces entreprises est de 22 salariés. En 2006, les SCOP de plus de 50 salariés (150 sociétés) représentent 55% du total des emplois concernés, contre 11% pour les 964 coopératives de moins de 10 salariés. Autrement dit, le système coopératif fonctionne avec des entreprises assez importantes. Les coopératives sont un modèle de gestion d’entreprise tout à fait viable : en 2006, 74% des SCOP enregistrent des bénéfices nets. Le fonctionnement des SCOP Cette réussite a surtout comme intérêt de démontrer la capacité des travailleurs à gérer leur propre entreprise. Dans une SCOP, les décisions importantes sont prises lors d’assemblées générales dans lesquelles chaque travailleur dispose d’une voix, quelle que soit la part de capital possédée par celui-ci. En conséquence, formation et information des travailleurs doivent être assurées au sein de la coopérative. Les salariés sont actionnaires majoritaires de l’entreprise et détiennent au moins 51% de son capital et 65% des droits de vote. Si des associés extérieurs peuvent intervenir, avec un poids limité, tous les salariés ne sont pas obligés d’être actionnaires. Cependant 80% des travailleurs employés depuis 2 ans dans leur coopérative en sont aussi associés. Ceux-ci ne peuvent revendre leurs parts : elles sont remboursées si l’on veut quitter la coopérative. Les travailleurs élisent leurs représentants : conseil d’administration et directeur qui change environ tous les 3 ans. Les mandataires doivent rendre des comptes lors des assemblées et tenir les salariés informés de leurs décisions et de la situation de l’entreprise. Le dirigeant (gérant élu par les salariés en SARL ou désigné par le conseil d’administration en SA) garde un statut de salarié. La répartition des bénéfices s’effectue en 3 parts : au minimum 25% pour les salariés (la participation), 16% pour les réserves impartageables (fonds commun de l’entreprise destiné à assurer son indépendance et sa survie) et au maximum 33% pour les actionnaires (les dividendes). Les SCOP développent entre elles des liens de solidarité aux niveaux régional (UR), national (CG) et sectoriel (fédérations professionnelles), notamment pour financer des services communs ou de nouvelles entreprises. Les principes coopératifs Les SCOP s’inscrivent dans le cadre plus large des coopératives (agricoles, de production, banques coopératives, etc) et de l’économie sociale ; 3e voie entre les secteurs Privé et Public. A cet égard, le réseau des SCOP s’appuient sur un certain nombre de valeurs qui déterminent et encadrent leur fonctionnement : adhésion volontaire et sans discrimination. démocratie directe suivant le principe « un membre = une voix » et celui d’un contrôle exercé par la base sur ses mandatés. contrôle des travailleurs sur le capital et la gestion de leur entreprise. autonomie et indépendance de la coopérative vis-à-vis d’autres organisations, notamment des pouvoirs publics. formation et information des salariés pour qu’ils puissent exercer leurs responsabilités quant à la gestion de l’entreprise. solidarité entre les coopératives, en particulier à travers des structures géographiques (unions locales, régionales, etc) ou professionnelles (fédérations). respect de l’individu, « mettre la personne au cœur du développement coopératif5 ». développement durable, c’est-à-dire essayer de concilier efficacité économique et respect de l’environnement. Des principes qui se rapprochent des principes libertaires. Mais qui sont difficilement applicables dans un système économique libérale. SCOP et autogestion Un certain nombres de caractéristiques du fonctionnement des SCOP posent cependant problème. On retombe sur la question d’une autogestion adaptée au capitalisme qui amène ces entreprises gérées directement par les travailleurs à reproduire au moins en partie le modèle capitaliste. L’intrusion de capitaux externes peut faire tiquer car ce qui relève de la finance hérisse le poil des libertaires. Mais, ces fonds peuvent être apportés en soutien à des travailleurs ne disposant pas de la somme suffisante pour monter leur coopérative. C’est aussi un des aspects de la solidarité entre coopératives puisque celles-ci peuvent investir dans la création d’autres entreprises autogérées. En son temps, Proudhon a déjà souligné l’importance du contrôle des moyens de crédit et de financement par les travailleurs dans un système autogestionnaire. Toutes ces sociétés cherchent à être rentables, ce qui sous-entend qu’en cas de difficultés on pourra voir les salariés se réunir pour désigner ceux qui seront licenciés ou accroître le temps de travail de chacun aux dépens des loisirs. L’autogestion anarchiste aspire à libérer les masses de conditions de travail aliénantes, ce qui n’est pas forcément possible dans une coopérative soumise aux lois de la concurrence. Rien n’empêche non plus de bousiller l’environnement pour optimiser les profits des salariés-actionnaires. On peut se demander s’il est raisonnable d’espérer promouvoir « l’épanouissement professionnel des personnes dans le respect de leur environnement », qui occasionne des coûts, dans un système basé sur l’accumulation des profits et l’élimination des moins compétitifs. Autre zone d’ombre dans les relations au sein de l’entreprise : le poids du contrôle des travailleurs face au maintien d’une hiérarchie. Au-delà des déclarations de bonne intention, il faut que les faits respectent les principes de prise de décision collective, d’information de tous, de rotation des mandatés et surtout de définition précise du rôle de ces derniers par l’ensemble des travailleurs. Si l’assemblée générale ne sert qu’à entériner les initiatives personnelles d’une direction, même élue, alors ce n’est là que l’illusion de l’autogestion. La persistance des inégalités de salaire pose également question dans une entreprise qui tourne grâce aux efforts de chacun. Les SCOP ne sont pas d’inspiration socialiste, mais résolument réformiste ; c’est peut-être pour cela que le terme « autogestion » est absent de leur discours. Elles font du lobbying au sein des syndicats, des partis et des pouvoirs publics5 (élus issus du Mouvement coopératif, participation à des instances paritaires...). Les coopératives remettent essentiellement en cause le modèle de l’entreprise patronale et démontrent la faisabilité de l’autogestion. Sans aspirer à abattre le capitalisme, elles renforcent pourtant le discours anarchiste. Mieux encore, elles contribuent à la formation des travailleurs à la gestion directe et permettent de tirer des enseignements pour l’avenir. A cet égard, on peut espérer que le Mouvement coopératif prendra progressivement conscience des entraves que l’économie de marché fait peser sur la mise en œuvre des principes coopératifs, notamment l’épanouissement individuel et le respect de la planète.
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08.06.2008
A propos de Keny Arkana
Keny Arkana est une chanteuse de hip hop français qui se revendique contestaire avant d'être rappeuse. S'identifiant au courant "altermondialiste" et "antilibéral" elle se présente comme une ennemie de la mondialisation capitaliste, une tiers mondiste appellant tous les opprimés à l'insurrection. Rejettant tout système de pensée "construit" au seul profit de l'expérience personnelle, elle est proche du mouvement anarchiste, qu'elle a cotoyé dans des squatts en Espagne. Voilà pour la situer rapidement. Ce qui nous interesse ici, c'est le fait que deux de ces chansons : "la rage" et "nettoyage au kärcher" ont été reprise par des militants du FN pour en faire des clips aux accents très proche de la mouvance "nationale révolutionnaire" (nom modernisé du fascisme, celui qui puise ses racines dans le venttenio italien, corporatiste et populiste, et la révolution conservatrice allemande des années 20, et qui a donné en France des mouvements comme "Egalité et Réconciliation") de tels mouvements sont fascinés par la pensée marxiste, la modernité et les "identités culturelles", et rejette le capitalisme en tant que culture. Nous avons déjà évoqué la nature réelle de ce "socialisme de droite" dans des sujets précédents. La tentative de récupération par les fascistes des combats et de la pensée des courants anar ou même marxiste n'est pas chose nouvelle. Mais dans le cas de Keny Arkana, la frontière entre "altermondialisme libertaire" et "nationalisme révolutionnaire tiers mondiste" est plus mince qu'il n'y paraît. Comment expliquer qu'une chanteuse proche de courants qui se revendiquent émancipateur et antiraciste soit récupéré avec tellement de facilité, sans même réinterprétrer le discours, par la mouvance NR ? Notons déjà que Keny Arkana, en bonne anarchiste, ne fait jamais référence au communisme, au collectivisme, ou même à la notion de propriété dans ses chansons. Elle ne parle jamais de classes sociales et du prolétariat, et d'ailleurs ne se revendique pas prolétaire, mais mets en avant soit l'aspect culturel de sa personne : son "identité" (latina, musulmane), ou alors son expérience individuelle, son vécu. Quand elle aborde sa situation sociale, elle se présente comme "opprimée" mais ne précise jamais la nature de cette oppression, elle n'évoque jamais la bourgeoisie. En revanche elle accuse, par allusion ou directement, le capitalisme (mais sans le définir clairement) et l'Occident d'être les acteurs principaux de cette oppression. Ce qui nous amène en plein domaine métaphysique : le combat est culturel, pour la défense de la "vie" (en invoquant d'ailleurs parfois le "dieu unique") et renvoyant à des luttes pour le moins ambigues comme celle des zapatistes, prônant le retour à l'autarcie communautaire (programme économique et social proche de la révolution nationale qui prône le "retour à la terre"). Son combat ne vise pas le capitalisme réel, mais le capitalisme culturel. Keny Arkana renvoit à l'image de société qui doivent défendre leur identité contre l'impérialisme, mais elle évoque l'impérialisme "occidental", rassemblant les pays "blancs", alors que les bourgeoisies de ces pays sont en féroce compétition les unes contre les autres, et n'évoquant jamais les bourgoisie des nations du tiers monde ou des autres pays industrialisés. Un tel combat culturel améne à défendre les Tibétains et leur "culture", c'est-à-dire l'oppression féodale des moines bouddhistes, voire même le Kosovo pro OTAN ou les Palestiniens du Hamas. Droit des peuples oui, féodalisme ou nom de la "culture" d'origine, non. Ce qui manque à ce combat c'est une vision, non pas "dualiste" mais dialectique du monde. Prenons un exemple : Keny Arkana se revendique différentes des autres rappeurs par son engagament et le côté radicale et émancipateur de son discours. A l'opposé d'une chanson comme "ma benz" de NTM, qui paraît misogyne et matérialiste bourgeoise. Et pourtant : cette chanson, si on laisse de côté son aspect "bling bling" contient aussi l'idée que la jeunesse prolétaire est obligé d'avoir recours à des relations sexuelles furtives, sans profondeur et dans des voitures. On peut trouver donc dans cette chanson l'image d'une situation sociale clairement opprimé, à condition d'en avoir une vision dialectique et pas métaphysique. Le rap, comme le reste de la culture populaire, est "shizo", baignant dans la campétition capitaliste et la superstructure qui la conditionne, et aspirant en même temps à une société plus juste. le plus juste, n'est pas toujours clair dans l'esprit des masses, de NTM à Keny Arkana, les errements sont différents, mais au fond, ni l'un ni l'autre n'attaque clairement le capitalisme. L'aspect métaphysique, culturel, tiers mondiste, individualiste et libertaire voire même antiraciste, peut facilement se fondre dans la "radicalité" fasciste ethno-différencialiste, dont les postulats sont similaires. La révolution n'est pas "anti libérale" ou altermondialiste ou pas seulement : elle est anticapitaliste et socialiste. Les peuples ont leurs identités, issues de leur longue histoire, mais celle ci se transforme, notamment sous l'action oppressante du capitalisme. L'identité de classe est aujourd'hui celle qui est la plus pertinente, car elle rassemble les oppressés contre leurs oppresseurs (on notera le pluriel) sur ce qui les oppose vraiment : l'exploitation capitaliste, et donc la notion de propriété, et pas la culture. UNITÉ DU PROLETARIAT MONDIAL
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29.05.2008
International : soutien à la lutte des classes au Maroc !
Voici un appel de nos camarades communistes au Maroc : rappellons qu'aucun média bourgeois n'a même évoqué sérieusement cette révolte, signe de la vitalité de la contestation communiste au Maroc, un Etat semi féodal en état de soumission aux intérêts de la classe bourgeoise européenne en particulier, où les seuls contestataires dont la propagande bourgeoise juge bon de nous parler sont les islamistes réactionnaires. Ce qui aide à entretenir en France l'image d'une société arriérée, dangereuse et permet de faire la retape du concept de "civilization clash", mythe repoussoir occidental qui justifie toutes les répressions et l'exploitation post coloniale des peuples soumis à l'influence de la bourgeoisie européenne. ampagne de solidarité avec les détenus politiques du mouvement étudiant au Maroc Non à la répression des étudiants! Pour la liberté syndicale et politique à l’université et pour les revendication légales des étudiants ! Après une série de luttes militantes qu’a mené le mouvement étudiant au Maroc, dans le cadre de l’union national des étudiants du Maroc (UNEM) dans plusieurs universités marocaines en protestation contre le plan du régime en place pour détruire l’enseignement public et lui mettre fin, et contre la remise en cause des * libertés syndicales et politiques dans l’université marocaine, le régime réactionnaire en place au Maroc a organisé une attaque sauvage contre le mouvement étudiant à l’université de Marrakech. Cette attaque dans laquelle il a utilisé tous les outils de répression possible et même celle que vous ne pouvez pas imaginé ( chiens policiers, bombes lacrymogènes..) a eu comme résultat la détention de 300 militants étudiants, qui ont été traité sauvagement et brutalisé par tout sortes de tortures (psychique et physique). Il reste 18 détenus politique parmi lesquels il y a une militante: (zahra bodkor (militante) -Aalae Edarbali -Mourad chwini -Otman Ohwini -yousef machdofi - Mohamed jamily -Mohamed Làarbi Jadi -Khalid Miftah -Jalal Kotbi -Younes Salmi -Abdelah Errachdi -Yousef Alàlaoui -Hafid Elhafdi -Mansour Ghridou - redouan ezobairy Elidrissi Hicham -Elidrissi Mohamed -Houssaine Nasr) qui se sont représenté a des procès formels « simulés », avec des frais qui montrent le caractère rétrograde du régime en place au Maroc (6 camarades sont accusés de crimes et 11 camarades accusés de délit) Dans une tentative de trouver des preuves pour soutenir les accusations contre ces militants et la militante, les organes de répression à Marrakech ont pris d'assaut des maisons de presque 37 camarades en pleine nuit et ont volé leurs biens, en particulier les ordinateurs et les téléphones mobiles…….. Ainsi, le mouvement étudiant à Marrakech a désormais 18 nouveaux détenus, en plus de trois détenus d'Errachidia. Ces camarades qui sont encore derrière les barreaux de leurs cellules de ce régime réactionnaire depuis l'année dernière, et qui payent d'impôt de deux ans de détention pour la défense des droits légitimes des étudiants, la lutte pour tenir la ligne démocratique à l'Université du Maroc. Ce qui s’est passé à Marrakech et dans toutes les universités qui sont contre la paix sociale et qui défendent la gratuité de l'enseignement, confirme la fausseté des allégations concrètes faisant l'éloge du système démocratique fondé au Maroc et montre la faillite de tous les slogans sur les droits de l'homme et la primauté du droit. Ce qu’a connu le mouvement étudiant au Maroc prouve pour la millième fois que nous vivons dans une ère de dictature dans la plus pire de ses formes. En affirmant votre solidarité avec les masses d'étudiants au Maroc: * vous soutenez les militants et militantes pour la liberté et la dignité. * vous soutenez la lutte pour extraire le droit à la liberté d'expression et de pensée. * vous condamnez toutes les formes de torture pratiquées par le régime de dictature au Maroc contre eux. * Vous supportez tous les détenus politiques qui ont donné leurs libertés pour la dignité, la liberté et le droit à l'éducation et à atteindre toutes les exigences physiques et démocratiques des étudiants marocains. * vous démasquez les slogans démagogues promus par le régime en place au Maroc et tous ses clients. * votre solidarité est un soutien à tous militants progressistes au Maroc et dans le monde et une condamnation de toutes les dictatures fondées sur l'oppression de nos peuples. Démocratie pour les masses marocaines !
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15.05.2008
Que penser de la "question" de l'immigration ?
La lutte des travailleurs sans papiers met la question de l'immigration, à nouveau, au-devant de la scène médiatique. La "question" de l'immigration est une vieille question, que se sont toujours posées les sociétés. Il nous faut contextualiser cette question et en dégager l'intérêt pour les masses. D'abord un constat historique : le phénomène migratoire a toujours existé, pacifique ou guerrier, volontaire ou subi, d'exploitation ou de conquête, en fait les hommes se sont toujours déplacés. Ces migrations ont toujours influencé, plus ou moins, les dynamiques sociales internes des sociétés d'accueil, selon qu'elles étaient en situation de force ou de crise. Les dynamiques internes à l'oeuvre dans une société sont modifiées par des influences externes. Il en est ainsi de la lutte des classes en France. Il nous faut donc partir de la situation actuelle, sans trop nous attarder sur la construction historique du phénomène migratoire. Le capitalisme utilise les migrations. Cela est évident, les immigrés qui arrivent en France subissent de plein fouet l’oppression impérialiste des sociétés capitalistes et de ses conséquences : appauvrissement, exploitation, soutien à des bureaucraties locales inféodées, maintien de la misère et des violences... Il est devenu courant de qualifier cette situation de "néocolonialisme". En fait, il s'agit simplement de "post colonialisme", car tant que le capitalisme sera dominant, l'impérialisme sera la nature des relations internationales en particulier avec les sociétés du Tiers Monde, la colonisation directe n'est qu'un avatar de l'impérialisme, pas son aboutissement. La première cause de l'immigration, c'est donc avant tout l'existence de l'impérialisme, que l'on qualifie parfois pudiquement de "fossé" ou "inégalités" Nord-Sud. Les choses ne s'arrêtent pas là, le phénomène migratoire sert aussi au capitalisme de réservoir de main-d’oeuvre, pas forcément peu qualifiée, mais en tout cas plus docile, car souvent moins politisée et plus discrète. De plus, ce phénomène devenu massif, permet de maintenir les classes moyennes dans un certain confort en résolvant le problème de l'accomplissement des tâches les plus pénibles, l’intégration et la collaboration des classes moyennes passe en partie par l'exploitation de ce prolétariat immigré. Enfin, cette exploitation ne pouvant se faire sans violence, les révoltes de ce prolétariat sont analysées comme un phénomène culturel et légitime la mise en place d'une politique communautaire, suivant en cela les acquis de l'expérience de la bourgeoisie et des classes moyennes américaine notamment. Cette politique communautaire permet doublement le maintien, provisoire, des classes moyennes dans une situation petite-bourgeoise : - En favorisant l'émergence d'une classe moyenne immigrée, favorable à la société capitaliste (petits ou moyens fonctionnaires, cadres ou employés des services, profession libérale dans la restauration ou la distribution...) qui en jouant sur le ressort identitaire encadre l'exploitation du prolétariat de sa communauté. - En légitimant la ségrégation sociale, après les ghettos identitaires, ce sont les ghettos sociaux qui sont en jeu : comme dans les "gated communities" américaine, la bourgeoisie et les classes moyennes s'enfermeront dans des quartiers "réservées", où peu à peu viendront s'installer les classes moyennes immigrées faire valoir. Voilà comment est gérée l'immigration dans la société capitaliste française. Maintenant que faire ? La question de l'immigration est une fausse question. Le problème n'est pas l'immigration, c'est le capitalisme et sa logique de profit. Si on rejette la gestion capitaliste de ce phénomène quelles sont donc les alternatives ? Il n'y en a qu'une : le communisme. L'extrême droite (au pluriel) prétend avoir sa solution, mais elle tourne toujours autour de son obsession xénophobe du chacun chez soi, même quand elle se pare des subtilités rhétoriques "ethno différentialistes". La preuve est l'incompétence de l'extrême droite à formuler une alternative au capitalisme, qu'elle identifie aussi, suivant en cela les analyses marxistes comme une conséquence de ce mode de production. Mais l'extrême droite est idéaliste : elle ne critique pas le capitalisme en tant que tel : elle le condamne en tant que culture. Par quoi propose-t-elle de le remplacer ? Trois possibilités sont suivies : - le retour au capitalisme "familial", celui du 19ème siècle, avant que le progrès technique ne permette la mondialisation telle que nous la vivons aujourd'hui. On voit mal comment un tel retour n'empêcherait pas le capitalisme de redevenir industriel et même financier, de plus il y quelque chose d'illogique à penser d'un côté le capitalisme comme intrinsèquement "mal" (vision métaphysique) d'une part et supposer que sa version "familiale" (c'est-à-dire compatible avec les classes moyennes et le "bon temps des boutiques") serait "bonne". C'est un idéal qui se heurte à la logique compétitive du capitalisme et donc à la concentration des moyens de production. C'est le rêve des classes moyennes boutiquières et petites-bourgeoises qui s'imaginent "convertir" le capitalisme à des valeurs patriarcales censées le tempérer. Et cela sans même évoquer l'exploitation du prolétariat et la soumission des femmes que suppose ce modèle. - le "socialisme" inégalitaire : une partie de l'extrême droite est fascinée par les modèles et la pensée de gauche. Choisissant de rejeter le capitalisme, elle adhère à la volonté de bâtir le socialisme. La comparaison s'arrête là. Car pour ces "socialistes" de droite, le socialisme n'est pas la lutte des classes et la disparition des inégalités, c'est précisément la revendication, presque darwinienne, de ces inégalités. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les "socialistes" de droite sont les plus ardents promoteurs de la compétition sociale, qui fait émerger des chefs. Leur vision inégalitariste détruit en fait leur logorrhée socialiste : ce dont ils rêvent en réalité c'est un retour à une économie féodale, modernisée, mais fonctionnant sur le modèle féodal : avec ses corporations, ses maîtres, ses communautés et leurs valeurs patriarcales, terriennes et profondément xénophobe, sa hiérarchie puissante et sa spiritualité au service de la domination sociale d'une élité qui se pense être le "groupe", la "tribu", en compétition permanente avec les autres communautés. Ce modèle d'économie autarcique nourrit en fait des visées totalitaires et impérialistes. - La collaboration pure et simple avec le capitalisme, sur le modèle autoritaire d'un Franco ou d'un Pinochet. Dans tous les cas, il s'agit soit de renforcer la violence et l'exploitation capitaliste en lui donnant les outils pour se défendre avec un Etat tout puissant, et un parti totalitaire chargé d'intégrer les masses, soit de remplacer la violence capitaliste par la violence communautariste. Le communisme propose un autre modèle : un modèle international, partant de la réalité, l'immigration est un fait : les masses immigrées doivent donc rejoindre leurs frères exploités pour bâtir ensemble une nouvelle société ou la propriété privée des moyens de production est remplacée par la propriété collective, ou la coopération sociale de chacun remplace l'exploitation de tous. Une telle société ne se fonde pas sur l'exclusion ou le racisme, ni sur l'idéalisation de l'immigration pour en justifier l'exploitation : l'immigration ne doit pas devenir une valeur, ce doit être un choix. La terre est à tous, la liberté de circuler doit devenir un droit. On ne peut soutenir l'immigration-exploitation, car c'est une conséquence du capitalisme. Il faut combattre le capitalisme pour que l'immigration devienne un vrai droit, un libre choix. En attendant, il faut partir de la réalité : il faut construire une conscience de classe au sein du prolétariat, et peu importe son identité culturelle, l'important c'est de s'éduquer et d'éduquer pour lutter correctement contre le capitalisme et ses divers visages. Prolétaires de tous pays, unissez vous !
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10.05.2008
Que penser de la montée du fascisme ?
L'exemple de la répression de la manif fasciste du 9 mai à Paris. La "répression" de la manifestation fasciste du 9 mai est-elle une bonne chose? Son interdiction puis les arrestations servent-elles à long terme l'antifascisme? La répression est policière et donc étrangère aux masses. Et elle contribue à l'image "anti-système" des fascistes, qui auront beau jeu de se présenter comme les "seuls" et "authentiques" "révolutionnaires". Car, il faut être totalement naïf pour s'imaginer que le 9 mai intéresse vraiment les fascistes. Le 9 mai n'est qu'une composante d'un large tout, de multiples réseaux et actions s'entre-mêlant et que les fascistes appellent la "métapolitique" (=au-delà de la politique). Leur but: la bataille culturelle pour l'accumulation de forces et la conquête de l'hégémonie. Le 9 mai est une pierre à cet édifice "ambitieux" qu'est la constitution d'un nouveau projet authentiquement fasciste. L'Etat bourgeois avait pourtant largement de quoi quadriller la manifestation fasciste et la laisser pourrir dans un coin, histoire de dire: cette poignée faisant une manif "apolitique" on la tient à l'oeil, encadrée. Au lieu de cela, l'Etat a fait le cadeau aux fascistes d'une pseudo répression dont ils profiteront pour s'approprier une aura de "rebelles" et avoir un maximum d'écho chez les masses populaires frappées par la crise générale du capitalisme... Ils diront: "Regardez: ils interdisent nos rassemblements, ils nous répriment dans les rues, dans les stades de football, pendant que Besancenot passe chez Drucker... C'est nous les vrais opposants...". Il y a un fait très clair aujourd'hui. C'est que les fascistes sont dans une phase ascendante. Ils sont plus nombreux, disposent de différentes organisations ayant plus ou moins un programme de revendications; ils sont accompagnés de nombreux intellectuels, remettant au goût du jour toute la série des auteurs classiques du fascisme, et cela sous toutes ses variantes possibles, du national-syndicalisme au catholicisme ultra-conservateur. Ils forment des cadres, ils font du travail de masse pour rassembler sous leurs bannières. Pour cette raison, il faut absolument en terminer avec la conception selon laquelle le fascisme serait une "idée". Il y en a en effet beaucoup aujourd'hui dans le camp antifasciste qui font encore une erreur centrale. Ils ont une conception non dialectique du fascisme et ne voient pas qu'en plus d'être des ennemis, les fascistes sont des "concurrents". Car les fascistes ne sont pas que des ennemis, des réactionnaires, ils sont un produit de la société capitaliste et partant de là ils vont être inévitablement de plus en plus nombreux, dans le sillage de la crise du capitalisme. Les fascistes se définissent systématiquement comme "révolutionnaires" et en limitant la critique des fascistes à la dénonciation, on leur permet d'affirmer que les antifascistes sont liés au "système", ne sont pas les vrais révolutionnaires, etc. C'est une énorme erreur tactique face à la démagogie "révolutionnaire" des fascistes. En fait, ceux qui se trompent s'appuient sur les fondamentaux suivants: tout d'abord, les fascistes ne sont considérés que comme une poignée d'arriérés passéistes. Au lieu des les considérer pour ce qu'ils sont, à savoir les produits ultra-modernes du capitalisme pourrissant, on les prend pour des ringards tournés vers le passé (...). Dans cette conception, le fascisme n'est qu'un "point de vue" totalement délirant, une sorte de maladie mentale qu'il suffirait de dénoncer pour qu'elle ne se propage pas. C'est le concept du fascisme comme "gangrène". C'est naturellement une définition totalement petite-bourgeoise, digne de la Ligue des Droits de l'Homme, définition n'ayant rien à voir avec la réalité. A aucun moment le fascisme n'est compris comme tendance historique, comme phénomène lié au capitalisme et à sa crise; on s'imagine alors pouvoir écraser le fascisme sans voir dans quelle mesure la crise capitaliste le renforce!
11:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, municipales, identité, gauche, politique
28.04.2008
La "question juive".
Les "identitaires" se posent en effet à l'extrême-droite comme alternative au nationalisme traditionnel (voir à ce sujet le document du PCMLM analysant leurs positions). Et ils ont le vent en poupe: après leur maison publique à Nice, ils en ont ouverte une à Lille, qui n'est pas vraiment un bastion facho historique comme Nice!
Pas question pour eux donc d'aider ce qui aide leurs concurrents. Depuis quelques temps déjà ils tentent de "neutraliser" la "question juive", n'hésitant pas à faire pour cela des appels du pied aux sionistes ultras (tout autant "identitaires" par ailleurs), ce qui ne manque pas de piquant quand on connaît le parcours des "identitaires" et leur position concernant la "question juive".
Mais voilà l'un des aspects les plus percutants du fascisme: il s'agit d'un étau, on a le "choix" entre Charybde et Scylla, entre la peste et le choléra...
L'extrême-gauche a "oublié" l'antisémitisme, comme elle a par ailleurs "oublié" les personnes d'origine juive. Un phénomène logique, car si l'extrême-gauche des années 1960 était portée par le peuple, aujourd'hui c'est la petite-bourgeoisie qui forme son contingent, et c'est un milieu naturellement infesté d'antisémitisme, et cela d'autant plus que la crise du capitalisme progresse. Mélange de catholicisme de gauche mal digéré et d'antisémitisme, le soutien symbolique et moraliste à la Palestine en est une expression. L'incapacité complète à analyser l'antisémitisme ni à voir le rôle que ce racisme joue à l'extrême-droite en est une autre.
Le fascisme, c'est le retour aux formes barbares de l'humanité, où des petits groupes d'êtres humains se rassemblaient et s'affrontaient les uns les autres, chaque groupe étant guidé par un chef sorti du lot pour être le plus «fort».
La force était systématiquement utilisé pour résoudre les «problèmes» de l'organisation sociale, et la destruction totale était une pratique courante. Cette expérience historique a laissé des traces profondes, en tant que culture patriarcale dominante.
« Le chauvinisme national et racial est une survivance des murs misanthropiques propres à la période du cannibalisme. L'antisémitisme, comme forme extrême du chauvinisme racial, est la survivance la plus dangereuse du cannibalisme. » (Staline : réponse à une question télégraphique de l'Agence juive d'Amérique sur l'antisémitisme, 12 janvier 1931)
Ainsi, on ne peut pas comprendre l'antisémitisme sans combattre la nation et le patriarcat.
L'antisémitisme va toujours de pair avec une idéologie nationaliste et un culte de la pratique violente, patriarcale.

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23.04.2008
A propos des religions
3. La place des religions à Strasbourg :
La place des religions en Alsace est particulière. Les deux départements alsaciens et la moselle ayant été allemands entre 1870 et 1918, ils n'ont pas été concerné par la politique anticléricale de la IIIème République au début du XXème siècle. La loi de 1905 sur la séparation entre l'Eglise et l'Etat bourgeois ne s'y applique pas. Les religions en alsace sont encore régit par le Concordat de 1801. ce Concrodat accorde une prééminence relative à la religion catholique (aujourd'hui ramenée à l'égalité avec les autres confessions "concordataires") et considére le clergé de trois religions (catholique, protestante sous ces confessions traditionnelles et juive) comme relevant de la fonction publique. L'enseignement religieux est en outre obligatoire dans les écoles de ces trois départements. Voilà les principaux traits distinctifs de ce Concordat.
Deux problèmes se posent :
- La question de la laïcité
- La question de la place de l'islam, arrivé en alsace avec la politique bourgeoise d'appel à la main d'oeuvre immigré en provenance des anciennes colonies française dans l'après guerre et surtout avec la politique de regroupement familial à partir des années 1970.
Ces deux problèmes sont en fait liés. L'existence de ce Concordat est susceptible de poser un malaise auprès des areligieux, des musulmans ou des autres croyants de religion non concordataire. En l'occurence, à l'heure actuelle les masses restent assez indifférentes sur cette question, seule une élite cléricale, soutenu par une petite bourgeoise musulmane en voie de constitution semble s'agiter pour obtenir un statut officiel pour la religion musulmane. On pourrait subjectivement penser que l'intérêt des masses est d'obtenir une égalité totale à travers le Concordat, et donc l'accorder aussi à l'islam.
Cela est faux.
Le Concordat ne favorise pas la liberté religieuse, mais institue des privilèges pour les religieux. Il n'est pas dans l'intérêt des masses de soutenir un élargissement du Concordat. D'autant que cet élargissement est soutenu par toute une frange de la bourgeoisie, celle qui pense trouver un appui dans une politique communautariste. Cette bourgeoisie cherche à s'allier à la petite bourgeoisie musulmane entrepreneriale en lui donnant un statut social : celui de bienfaiteur et de guide de sa communauté. Une manière de diviser les masses, comme si l'intérêt des masses musulmanes n'était pas de s'unir avec le reste des opprimés, comme si la petite bourgeoisie musulmane n'était pas une ennemie de classe pour les prolétaires musulmans, qui n'ont rien à attendre de la bourgeoisie, quelque soit son visage. Joué la "culture", l'"identité" contre les intérêt de classe, c'est servir l'oppresseur, c'est trahir la révolution.
Les masses n'ont pas besoin du concordat.
Elles attendent en revanche de l'égalité religieuse. .
La place de l'islam :
L'islam doit avoir dans le paysage alsacien la place qui lui revient, il faut des lieux de culte digne pour les croyants musulmans, mais des lieux de cultes autogérés par les masses et non par des religieux aux ordres de la bourgeoisie, ou des religieux réactionnaires, ennemis de le révolution et du progrès de la démocratie. Il ne faut pas donner aux masses des mosquées, il faut donner aux masses les moyens de construire, gérer et faire vivre des mosquées. Donner des lieux de culte, c'est un héritage de la gestion coloniale, c'est ne pas laisser les masses s'organiser pour se gérer elles mêmes, c'est croire qu'il faut une élite.
Les masses n'ont pas besoin de mosquée cathédrale, ni d'une faculté musulmane destinée à former une élite pro bourgeoise. Elles ont besoin de lieu de culte décent, et il faut que ces lieux de cultes soit autogérés, sinon les masses seront soumises à un clergé soit pro bourgeois, soit réactionnaire. Une fois ce besoin satisafait, les masses musulmanes, autogérées, pourront s'émanciper et rejoindre la collectivité des prolétaires. Dans tous les autres cas, elles se replieront sur leur communauté, et leur dialectique subjective se limitera à la lutte entre la bourgeoisie musulmane partisane de l'intégration socio économique et de la spécificité culturelle face aux relgieux fondamentalistes réactionnaires.
La place des religions concordataires :
Il faut abolir le concordat. Certains défendent le concordat comme un élément de "l'identité" alsacienne. Il est ridicule de penser que l'oeuvre d'un tyran jacobin puisse fonder en quelque manière que ce fût l'identité d'une région. C'est une aberration historique. Le droit local contient, lui, des éléments qui sont hérités de la lutte des classes en Alsace, par exemple en matière de sécurité sociale. C'est cela le patrimoine du prolétariat et des masses en Alsace. Le concordat ne doit pas être confondu avec le droit local.
Il faut abolir le concordat et établir une véritable liberté religieuse en supprimant toute forme de clergé. Les facultés théologiques devrait être fermée et remplacé par une faculté d'enseignement religieux, incluant toutes les religions au moins jusqu'en licence. La spécialisation sur telle ou telle confession devant intervenir le plus tard possible. Aucun débouché professionnel ne devrait être offert à ces étudiants, en dehors de la recherche et de l'enseignement en son sein.
La religion est une part de l'épistémé, ni plus ni moins, qui mérite qu'on s'y interesse. Pas qu'on en vive.
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09.03.2008
Théorie 2
Théorie 2 2. L'extrême-droite : Ce terme générique couvre des attitudes et des idéologies qui sont parfois en apparente contradiction : comme par exemple le catholicisme intégrisme et le néo-nazisme racial et païen ou les nationalistes maurrasiens et les "identitaires" régionalistes. Les contradictions qui les divisent, parfois violemment, ne parviennent pas cependant à masquer un fond idéologique commun, que nombre de chercheurs ont déjà bien identifié (il suffit de se référer par exemple aux travaux de Pierre Milza par exemple). Il s'agit notamment : - d'une vénération de la Tradition : le caractère artificiel de cette notion fait que les différents groupuscules d'extrême-droite ne s'accordent pas sur une définition commune de celle-ci. - une recherche de l'autorité et une méfiance envers la démocratie, allant du rejet à des formes plus subtiles de "démocratie organique" ou "aristocratique" - et par dessus tout, une conviction profonde en la nature inégalitaire des hommes et des sociétés humaines. On aurait tort de résumer l'extrême droite au racisme suprématiste : ses principaux pôles "scientifiques" (tel le GRECE) ont depuis longtemps maintenant élaboré un rejet du suprématisme au profit d'un racialisme culturel, inspiré des écrits d'Evola, qui prône un apartheid exclusif et mondial en lieu et place du capitalisme consumériste mondialisé en qui ils voient le principal ennemi. Un changement du discours, plus que des idées, qui rapproche l'extrême droite de la pensée civilisationnelle et communautariste de Huntington. Les déclinaisons de ce nouveau look droitiste ne doit pas leurrer : peu de choses ont changé au fond à droite, et sur le terrain, les militants d'extrême droite s'attaquent plus à la présence musulmane qu'au "capitalisme mondial". La difficulté qu'a l'extrême droite à proposer un paradigme convaincant qui ne finisse pas comme toujours dans les clichés les plus vulgaires de la xénophobie tient à sa carence idéologique consubstantielle. il n'existe aujourd'hui que trois façons de considérer la politique : - de façon matérielle et compétitive : c'est la vision dite libérale, individualiste, "bourgeoise" en un mot. - de façon matérielle et sociale : c'est la vision socialiste et collectiviste, "prolétaire" en un mot. - ou alors en refusant cette dialectique au nom de la recherche supérieure d'un idéal spirituel absolu et métaphysique : c'est la vision exclusive, communautariste, aristocratique en un mot. Bien sûr, les frontières sont parfois poreuses entre ces visions, car les analyses subissent toujours des biais subjectifs. La vision aristocratique ne correspondant à rien devrait s'évanouir, mais elle bénéficie souvent du manque de profondeur spirituelle que, par maladresse, ne mette pas en avant les visions matérialistes, ou alors par manque d'éducation émancipatrice. Surtout en fait, elle laisse une "troisième voie" à ce qu'on appelle "classes moyennes", qui redoutant la crise du capitalisme, s'y réfugient pour tenter de sauver leurs maigres propriétés de la décadence annoncée. Ce qui permet d'entretenir l'illusion d'un phénomène de masse de ces voies "terceristes". Même si elle se place sur un champ "au delà" du matérielle, ces idéologies sont sommés de se positionner par rapport à ces questions, dont la crise expliquent leur développement par ailleurs. Rameutant les "classes moyennes" apeurées, elles se montrent souvent radicales dans leur critique (qui reste cependant plus métaphysique que révolutionnaire) du capitalisme. Elle se montre aussi souvent attiré par les théories et la radicalité socialiste. Mais elles sont incapables de proposer une alternative au capitalisme, ce sujet ne les préoccupant d'ailleurs que peu, elles se situent de manière préférencielle sur le terrain culturel, champ dans lequel elles espèrent forger un "homme nouveau", ou en tout cas une "élite nouvelle", enchaînée dans la parodie d'une Tradition détruite par l'oeuvre de la modernité bourgeoise. Le champ du réel, elles le désertent et le déserteront toujours, l'abandonnant, pour pourri et ininterressant, à ces capitalistes, dont ils deviennent ainsi et en fin de compte les protecteurs contre la seule alternative révolutionnaire qui s'attaque au capitalisme et à sa culture : le communisme. Parcourez les idées de cette ultra droite, les attaques contre le capitalisme sont pour l'essentiel d'ordre culturel, et jamais d'ordre substantiel. La médiocrité chez les "Meilleurs"...
20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, élections, identité, gauche, politique



