17.06.2008
Education et conscience
Un article interessant sur le fonctionnant des Coopératives, qui constituent des lieux d'expérimentation collective et anticapitaliste. Ce genre d'initiative sont à multiplier pour accroître les expériences sociales au sein des masses travailleuses, malgré leur nature fondamentalement réformiste, elles se situent sur le plan de l'évolution et de la conscientisation des masses vers la pertinence d'une alternative au capitalisme et à la logique de rendement qui le mine. A lire, méditer et diffuser ! -------------------------------------------------------------------- Les Sociétés COopératives de Production (SCOP) Préambule : les SCOP ne sont pas un SCOOP « L’économie sociale doit être une voie humaniste au sein de l’économie de marché ». Cette citation du président de l’Union Régionale (UR) SCOP Ile-de-France est révélatrice de la philosophie de la Confédération Générale des SCOP et du Mouvement coopératif. L’objectif des coopératives de production n’est pas d’abattre le capitalisme, mais de développer une autre manière de gérer des entreprises, sans forcément rompre avec le libéralisme. Néanmoins, les SCOP méritent l’attention car elles invitent à une remise en cause, partielle, du capitalisme et parce qu’elles constituent une expérience autogestionnaire. Sans être le Cheval de Troie de l’autogestion anarchiste, elles offrent des pistes intéressantes. Présentation des SCOP En 2006, on compte 1.700 SCOP qui représentent 36.000 salariés et un chiffre d’affaires de 3 milliards d’€. Leur poids dans l’économie française s’accroît : en 1996, elles n’étaient que 1.400 pour 29.000 salariés. Une entreprise doit être reconnue par la Confédération Générale (CG), qui contrôle son fonctionnement, ainsi que par le Ministère du Travail pour bénéficier du statut de SCOP. Inversement, toutes les coopératives ne sont pas forcément des SCOP. Ces entreprises sont surtout développées dans le BTP (11.500 emplois en 2005) et les industries (textile, métallurgie, carton...), mais les services commencent à prendre l’ascendant (14.000 emplois en 2005). La taille moyenne de ces entreprises est de 22 salariés. En 2006, les SCOP de plus de 50 salariés (150 sociétés) représentent 55% du total des emplois concernés, contre 11% pour les 964 coopératives de moins de 10 salariés. Autrement dit, le système coopératif fonctionne avec des entreprises assez importantes. Les coopératives sont un modèle de gestion d’entreprise tout à fait viable : en 2006, 74% des SCOP enregistrent des bénéfices nets. Le fonctionnement des SCOP Cette réussite a surtout comme intérêt de démontrer la capacité des travailleurs à gérer leur propre entreprise. Dans une SCOP, les décisions importantes sont prises lors d’assemblées générales dans lesquelles chaque travailleur dispose d’une voix, quelle que soit la part de capital possédée par celui-ci. En conséquence, formation et information des travailleurs doivent être assurées au sein de la coopérative. Les salariés sont actionnaires majoritaires de l’entreprise et détiennent au moins 51% de son capital et 65% des droits de vote. Si des associés extérieurs peuvent intervenir, avec un poids limité, tous les salariés ne sont pas obligés d’être actionnaires. Cependant 80% des travailleurs employés depuis 2 ans dans leur coopérative en sont aussi associés. Ceux-ci ne peuvent revendre leurs parts : elles sont remboursées si l’on veut quitter la coopérative. Les travailleurs élisent leurs représentants : conseil d’administration et directeur qui change environ tous les 3 ans. Les mandataires doivent rendre des comptes lors des assemblées et tenir les salariés informés de leurs décisions et de la situation de l’entreprise. Le dirigeant (gérant élu par les salariés en SARL ou désigné par le conseil d’administration en SA) garde un statut de salarié. La répartition des bénéfices s’effectue en 3 parts : au minimum 25% pour les salariés (la participation), 16% pour les réserves impartageables (fonds commun de l’entreprise destiné à assurer son indépendance et sa survie) et au maximum 33% pour les actionnaires (les dividendes). Les SCOP développent entre elles des liens de solidarité aux niveaux régional (UR), national (CG) et sectoriel (fédérations professionnelles), notamment pour financer des services communs ou de nouvelles entreprises. Les principes coopératifs Les SCOP s’inscrivent dans le cadre plus large des coopératives (agricoles, de production, banques coopératives, etc) et de l’économie sociale ; 3e voie entre les secteurs Privé et Public. A cet égard, le réseau des SCOP s’appuient sur un certain nombre de valeurs qui déterminent et encadrent leur fonctionnement : adhésion volontaire et sans discrimination. démocratie directe suivant le principe « un membre = une voix » et celui d’un contrôle exercé par la base sur ses mandatés. contrôle des travailleurs sur le capital et la gestion de leur entreprise. autonomie et indépendance de la coopérative vis-à-vis d’autres organisations, notamment des pouvoirs publics. formation et information des salariés pour qu’ils puissent exercer leurs responsabilités quant à la gestion de l’entreprise. solidarité entre les coopératives, en particulier à travers des structures géographiques (unions locales, régionales, etc) ou professionnelles (fédérations). respect de l’individu, « mettre la personne au cœur du développement coopératif5 ». développement durable, c’est-à-dire essayer de concilier efficacité économique et respect de l’environnement. Des principes qui se rapprochent des principes libertaires. Mais qui sont difficilement applicables dans un système économique libérale. SCOP et autogestion Un certain nombres de caractéristiques du fonctionnement des SCOP posent cependant problème. On retombe sur la question d’une autogestion adaptée au capitalisme qui amène ces entreprises gérées directement par les travailleurs à reproduire au moins en partie le modèle capitaliste. L’intrusion de capitaux externes peut faire tiquer car ce qui relève de la finance hérisse le poil des libertaires. Mais, ces fonds peuvent être apportés en soutien à des travailleurs ne disposant pas de la somme suffisante pour monter leur coopérative. C’est aussi un des aspects de la solidarité entre coopératives puisque celles-ci peuvent investir dans la création d’autres entreprises autogérées. En son temps, Proudhon a déjà souligné l’importance du contrôle des moyens de crédit et de financement par les travailleurs dans un système autogestionnaire. Toutes ces sociétés cherchent à être rentables, ce qui sous-entend qu’en cas de difficultés on pourra voir les salariés se réunir pour désigner ceux qui seront licenciés ou accroître le temps de travail de chacun aux dépens des loisirs. L’autogestion anarchiste aspire à libérer les masses de conditions de travail aliénantes, ce qui n’est pas forcément possible dans une coopérative soumise aux lois de la concurrence. Rien n’empêche non plus de bousiller l’environnement pour optimiser les profits des salariés-actionnaires. On peut se demander s’il est raisonnable d’espérer promouvoir « l’épanouissement professionnel des personnes dans le respect de leur environnement », qui occasionne des coûts, dans un système basé sur l’accumulation des profits et l’élimination des moins compétitifs. Autre zone d’ombre dans les relations au sein de l’entreprise : le poids du contrôle des travailleurs face au maintien d’une hiérarchie. Au-delà des déclarations de bonne intention, il faut que les faits respectent les principes de prise de décision collective, d’information de tous, de rotation des mandatés et surtout de définition précise du rôle de ces derniers par l’ensemble des travailleurs. Si l’assemblée générale ne sert qu’à entériner les initiatives personnelles d’une direction, même élue, alors ce n’est là que l’illusion de l’autogestion. La persistance des inégalités de salaire pose également question dans une entreprise qui tourne grâce aux efforts de chacun. Les SCOP ne sont pas d’inspiration socialiste, mais résolument réformiste ; c’est peut-être pour cela que le terme « autogestion » est absent de leur discours. Elles font du lobbying au sein des syndicats, des partis et des pouvoirs publics5 (élus issus du Mouvement coopératif, participation à des instances paritaires...). Les coopératives remettent essentiellement en cause le modèle de l’entreprise patronale et démontrent la faisabilité de l’autogestion. Sans aspirer à abattre le capitalisme, elles renforcent pourtant le discours anarchiste. Mieux encore, elles contribuent à la formation des travailleurs à la gestion directe et permettent de tirer des enseignements pour l’avenir. A cet égard, on peut espérer que le Mouvement coopératif prendra progressivement conscience des entraves que l’économie de marché fait peser sur la mise en œuvre des principes coopératifs, notamment l’épanouissement individuel et le respect de la planète.
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08.06.2008
A propos de Keny Arkana
Keny Arkana est une chanteuse de hip hop français qui se revendique contestaire avant d'être rappeuse. S'identifiant au courant "altermondialiste" et "antilibéral" elle se présente comme une ennemie de la mondialisation capitaliste, une tiers mondiste appellant tous les opprimés à l'insurrection. Rejettant tout système de pensée "construit" au seul profit de l'expérience personnelle, elle est proche du mouvement anarchiste, qu'elle a cotoyé dans des squatts en Espagne. Voilà pour la situer rapidement. Ce qui nous interesse ici, c'est le fait que deux de ces chansons : "la rage" et "nettoyage au kärcher" ont été reprise par des militants du FN pour en faire des clips aux accents très proche de la mouvance "nationale révolutionnaire" (nom modernisé du fascisme, celui qui puise ses racines dans le venttenio italien, corporatiste et populiste, et la révolution conservatrice allemande des années 20, et qui a donné en France des mouvements comme "Egalité et Réconciliation") de tels mouvements sont fascinés par la pensée marxiste, la modernité et les "identités culturelles", et rejette le capitalisme en tant que culture. Nous avons déjà évoqué la nature réelle de ce "socialisme de droite" dans des sujets précédents. La tentative de récupération par les fascistes des combats et de la pensée des courants anar ou même marxiste n'est pas chose nouvelle. Mais dans le cas de Keny Arkana, la frontière entre "altermondialisme libertaire" et "nationalisme révolutionnaire tiers mondiste" est plus mince qu'il n'y paraît. Comment expliquer qu'une chanteuse proche de courants qui se revendiquent émancipateur et antiraciste soit récupéré avec tellement de facilité, sans même réinterprétrer le discours, par la mouvance NR ? Notons déjà que Keny Arkana, en bonne anarchiste, ne fait jamais référence au communisme, au collectivisme, ou même à la notion de propriété dans ses chansons. Elle ne parle jamais de classes sociales et du prolétariat, et d'ailleurs ne se revendique pas prolétaire, mais mets en avant soit l'aspect culturel de sa personne : son "identité" (latina, musulmane), ou alors son expérience individuelle, son vécu. Quand elle aborde sa situation sociale, elle se présente comme "opprimée" mais ne précise jamais la nature de cette oppression, elle n'évoque jamais la bourgeoisie. En revanche elle accuse, par allusion ou directement, le capitalisme (mais sans le définir clairement) et l'Occident d'être les acteurs principaux de cette oppression. Ce qui nous amène en plein domaine métaphysique : le combat est culturel, pour la défense de la "vie" (en invoquant d'ailleurs parfois le "dieu unique") et renvoyant à des luttes pour le moins ambigues comme celle des zapatistes, prônant le retour à l'autarcie communautaire (programme économique et social proche de la révolution nationale qui prône le "retour à la terre"). Son combat ne vise pas le capitalisme réel, mais le capitalisme culturel. Keny Arkana renvoit à l'image de société qui doivent défendre leur identité contre l'impérialisme, mais elle évoque l'impérialisme "occidental", rassemblant les pays "blancs", alors que les bourgeoisies de ces pays sont en féroce compétition les unes contre les autres, et n'évoquant jamais les bourgoisie des nations du tiers monde ou des autres pays industrialisés. Un tel combat culturel améne à défendre les Tibétains et leur "culture", c'est-à-dire l'oppression féodale des moines bouddhistes, voire même le Kosovo pro OTAN ou les Palestiniens du Hamas. Droit des peuples oui, féodalisme ou nom de la "culture" d'origine, non. Ce qui manque à ce combat c'est une vision, non pas "dualiste" mais dialectique du monde. Prenons un exemple : Keny Arkana se revendique différentes des autres rappeurs par son engagament et le côté radicale et émancipateur de son discours. A l'opposé d'une chanson comme "ma benz" de NTM, qui paraît misogyne et matérialiste bourgeoise. Et pourtant : cette chanson, si on laisse de côté son aspect "bling bling" contient aussi l'idée que la jeunesse prolétaire est obligé d'avoir recours à des relations sexuelles furtives, sans profondeur et dans des voitures. On peut trouver donc dans cette chanson l'image d'une situation sociale clairement opprimé, à condition d'en avoir une vision dialectique et pas métaphysique. Le rap, comme le reste de la culture populaire, est "shizo", baignant dans la campétition capitaliste et la superstructure qui la conditionne, et aspirant en même temps à une société plus juste. le plus juste, n'est pas toujours clair dans l'esprit des masses, de NTM à Keny Arkana, les errements sont différents, mais au fond, ni l'un ni l'autre n'attaque clairement le capitalisme. L'aspect métaphysique, culturel, tiers mondiste, individualiste et libertaire voire même antiraciste, peut facilement se fondre dans la "radicalité" fasciste ethno-différencialiste, dont les postulats sont similaires. La révolution n'est pas "anti libérale" ou altermondialiste ou pas seulement : elle est anticapitaliste et socialiste. Les peuples ont leurs identités, issues de leur longue histoire, mais celle ci se transforme, notamment sous l'action oppressante du capitalisme. L'identité de classe est aujourd'hui celle qui est la plus pertinente, car elle rassemble les oppressés contre leurs oppresseurs (on notera le pluriel) sur ce qui les oppose vraiment : l'exploitation capitaliste, et donc la notion de propriété, et pas la culture. UNITÉ DU PROLETARIAT MONDIAL
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29.05.2008
International : soutien à la lutte des classes au Maroc !
Voici un appel de nos camarades communistes au Maroc : rappellons qu'aucun média bourgeois n'a même évoqué sérieusement cette révolte, signe de la vitalité de la contestation communiste au Maroc, un Etat semi féodal en état de soumission aux intérêts de la classe bourgeoise européenne en particulier, où les seuls contestataires dont la propagande bourgeoise juge bon de nous parler sont les islamistes réactionnaires. Ce qui aide à entretenir en France l'image d'une société arriérée, dangereuse et permet de faire la retape du concept de "civilization clash", mythe repoussoir occidental qui justifie toutes les répressions et l'exploitation post coloniale des peuples soumis à l'influence de la bourgeoisie européenne. ampagne de solidarité avec les détenus politiques du mouvement étudiant au Maroc Non à la répression des étudiants! Pour la liberté syndicale et politique à l’université et pour les revendication légales des étudiants ! Après une série de luttes militantes qu’a mené le mouvement étudiant au Maroc, dans le cadre de l’union national des étudiants du Maroc (UNEM) dans plusieurs universités marocaines en protestation contre le plan du régime en place pour détruire l’enseignement public et lui mettre fin, et contre la remise en cause des * libertés syndicales et politiques dans l’université marocaine, le régime réactionnaire en place au Maroc a organisé une attaque sauvage contre le mouvement étudiant à l’université de Marrakech. Cette attaque dans laquelle il a utilisé tous les outils de répression possible et même celle que vous ne pouvez pas imaginé ( chiens policiers, bombes lacrymogènes..) a eu comme résultat la détention de 300 militants étudiants, qui ont été traité sauvagement et brutalisé par tout sortes de tortures (psychique et physique). Il reste 18 détenus politique parmi lesquels il y a une militante: (zahra bodkor (militante) -Aalae Edarbali -Mourad chwini -Otman Ohwini -yousef machdofi - Mohamed jamily -Mohamed Làarbi Jadi -Khalid Miftah -Jalal Kotbi -Younes Salmi -Abdelah Errachdi -Yousef Alàlaoui -Hafid Elhafdi -Mansour Ghridou - redouan ezobairy Elidrissi Hicham -Elidrissi Mohamed -Houssaine Nasr) qui se sont représenté a des procès formels « simulés », avec des frais qui montrent le caractère rétrograde du régime en place au Maroc (6 camarades sont accusés de crimes et 11 camarades accusés de délit) Dans une tentative de trouver des preuves pour soutenir les accusations contre ces militants et la militante, les organes de répression à Marrakech ont pris d'assaut des maisons de presque 37 camarades en pleine nuit et ont volé leurs biens, en particulier les ordinateurs et les téléphones mobiles…….. Ainsi, le mouvement étudiant à Marrakech a désormais 18 nouveaux détenus, en plus de trois détenus d'Errachidia. Ces camarades qui sont encore derrière les barreaux de leurs cellules de ce régime réactionnaire depuis l'année dernière, et qui payent d'impôt de deux ans de détention pour la défense des droits légitimes des étudiants, la lutte pour tenir la ligne démocratique à l'Université du Maroc. Ce qui s’est passé à Marrakech et dans toutes les universités qui sont contre la paix sociale et qui défendent la gratuité de l'enseignement, confirme la fausseté des allégations concrètes faisant l'éloge du système démocratique fondé au Maroc et montre la faillite de tous les slogans sur les droits de l'homme et la primauté du droit. Ce qu’a connu le mouvement étudiant au Maroc prouve pour la millième fois que nous vivons dans une ère de dictature dans la plus pire de ses formes. En affirmant votre solidarité avec les masses d'étudiants au Maroc: * vous soutenez les militants et militantes pour la liberté et la dignité. * vous soutenez la lutte pour extraire le droit à la liberté d'expression et de pensée. * vous condamnez toutes les formes de torture pratiquées par le régime de dictature au Maroc contre eux. * Vous supportez tous les détenus politiques qui ont donné leurs libertés pour la dignité, la liberté et le droit à l'éducation et à atteindre toutes les exigences physiques et démocratiques des étudiants marocains. * vous démasquez les slogans démagogues promus par le régime en place au Maroc et tous ses clients. * votre solidarité est un soutien à tous militants progressistes au Maroc et dans le monde et une condamnation de toutes les dictatures fondées sur l'oppression de nos peuples. Démocratie pour les masses marocaines !
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15.05.2008
Que penser de la "question" de l'immigration ?
La lutte des travailleurs sans papiers met la question de l'immigration, à nouveau, au-devant de la scène médiatique. La "question" de l'immigration est une vieille question, que se sont toujours posées les sociétés. Il nous faut contextualiser cette question et en dégager l'intérêt pour les masses. D'abord un constat historique : le phénomène migratoire a toujours existé, pacifique ou guerrier, volontaire ou subi, d'exploitation ou de conquête, en fait les hommes se sont toujours déplacés. Ces migrations ont toujours influencé, plus ou moins, les dynamiques sociales internes des sociétés d'accueil, selon qu'elles étaient en situation de force ou de crise. Les dynamiques internes à l'oeuvre dans une société sont modifiées par des influences externes. Il en est ainsi de la lutte des classes en France. Il nous faut donc partir de la situation actuelle, sans trop nous attarder sur la construction historique du phénomène migratoire. Le capitalisme utilise les migrations. Cela est évident, les immigrés qui arrivent en France subissent de plein fouet l’oppression impérialiste des sociétés capitalistes et de ses conséquences : appauvrissement, exploitation, soutien à des bureaucraties locales inféodées, maintien de la misère et des violences... Il est devenu courant de qualifier cette situation de "néocolonialisme". En fait, il s'agit simplement de "post colonialisme", car tant que le capitalisme sera dominant, l'impérialisme sera la nature des relations internationales en particulier avec les sociétés du Tiers Monde, la colonisation directe n'est qu'un avatar de l'impérialisme, pas son aboutissement. La première cause de l'immigration, c'est donc avant tout l'existence de l'impérialisme, que l'on qualifie parfois pudiquement de "fossé" ou "inégalités" Nord-Sud. Les choses ne s'arrêtent pas là, le phénomène migratoire sert aussi au capitalisme de réservoir de main-d’oeuvre, pas forcément peu qualifiée, mais en tout cas plus docile, car souvent moins politisée et plus discrète. De plus, ce phénomène devenu massif, permet de maintenir les classes moyennes dans un certain confort en résolvant le problème de l'accomplissement des tâches les plus pénibles, l’intégration et la collaboration des classes moyennes passe en partie par l'exploitation de ce prolétariat immigré. Enfin, cette exploitation ne pouvant se faire sans violence, les révoltes de ce prolétariat sont analysées comme un phénomène culturel et légitime la mise en place d'une politique communautaire, suivant en cela les acquis de l'expérience de la bourgeoisie et des classes moyennes américaine notamment. Cette politique communautaire permet doublement le maintien, provisoire, des classes moyennes dans une situation petite-bourgeoise : - En favorisant l'émergence d'une classe moyenne immigrée, favorable à la société capitaliste (petits ou moyens fonctionnaires, cadres ou employés des services, profession libérale dans la restauration ou la distribution...) qui en jouant sur le ressort identitaire encadre l'exploitation du prolétariat de sa communauté. - En légitimant la ségrégation sociale, après les ghettos identitaires, ce sont les ghettos sociaux qui sont en jeu : comme dans les "gated communities" américaine, la bourgeoisie et les classes moyennes s'enfermeront dans des quartiers "réservées", où peu à peu viendront s'installer les classes moyennes immigrées faire valoir. Voilà comment est gérée l'immigration dans la société capitaliste française. Maintenant que faire ? La question de l'immigration est une fausse question. Le problème n'est pas l'immigration, c'est le capitalisme et sa logique de profit. Si on rejette la gestion capitaliste de ce phénomène quelles sont donc les alternatives ? Il n'y en a qu'une : le communisme. L'extrême droite (au pluriel) prétend avoir sa solution, mais elle tourne toujours autour de son obsession xénophobe du chacun chez soi, même quand elle se pare des subtilités rhétoriques "ethno différentialistes". La preuve est l'incompétence de l'extrême droite à formuler une alternative au capitalisme, qu'elle identifie aussi, suivant en cela les analyses marxistes comme une conséquence de ce mode de production. Mais l'extrême droite est idéaliste : elle ne critique pas le capitalisme en tant que tel : elle le condamne en tant que culture. Par quoi propose-t-elle de le remplacer ? Trois possibilités sont suivies : - le retour au capitalisme "familial", celui du 19ème siècle, avant que le progrès technique ne permette la mondialisation telle que nous la vivons aujourd'hui. On voit mal comment un tel retour n'empêcherait pas le capitalisme de redevenir industriel et même financier, de plus il y quelque chose d'illogique à penser d'un côté le capitalisme comme intrinsèquement "mal" (vision métaphysique) d'une part et supposer que sa version "familiale" (c'est-à-dire compatible avec les classes moyennes et le "bon temps des boutiques") serait "bonne". C'est un idéal qui se heurte à la logique compétitive du capitalisme et donc à la concentration des moyens de production. C'est le rêve des classes moyennes boutiquières et petites-bourgeoises qui s'imaginent "convertir" le capitalisme à des valeurs patriarcales censées le tempérer. Et cela sans même évoquer l'exploitation du prolétariat et la soumission des femmes que suppose ce modèle. - le "socialisme" inégalitaire : une partie de l'extrême droite est fascinée par les modèles et la pensée de gauche. Choisissant de rejeter le capitalisme, elle adhère à la volonté de bâtir le socialisme. La comparaison s'arrête là. Car pour ces "socialistes" de droite, le socialisme n'est pas la lutte des classes et la disparition des inégalités, c'est précisément la revendication, presque darwinienne, de ces inégalités. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les "socialistes" de droite sont les plus ardents promoteurs de la compétition sociale, qui fait émerger des chefs. Leur vision inégalitariste détruit en fait leur logorrhée socialiste : ce dont ils rêvent en réalité c'est un retour à une économie féodale, modernisée, mais fonctionnant sur le modèle féodal : avec ses corporations, ses maîtres, ses communautés et leurs valeurs patriarcales, terriennes et profondément xénophobe, sa hiérarchie puissante et sa spiritualité au service de la domination sociale d'une élité qui se pense être le "groupe", la "tribu", en compétition permanente avec les autres communautés. Ce modèle d'économie autarcique nourrit en fait des visées totalitaires et impérialistes. - La collaboration pure et simple avec le capitalisme, sur le modèle autoritaire d'un Franco ou d'un Pinochet. Dans tous les cas, il s'agit soit de renforcer la violence et l'exploitation capitaliste en lui donnant les outils pour se défendre avec un Etat tout puissant, et un parti totalitaire chargé d'intégrer les masses, soit de remplacer la violence capitaliste par la violence communautariste. Le communisme propose un autre modèle : un modèle international, partant de la réalité, l'immigration est un fait : les masses immigrées doivent donc rejoindre leurs frères exploités pour bâtir ensemble une nouvelle société ou la propriété privée des moyens de production est remplacée par la propriété collective, ou la coopération sociale de chacun remplace l'exploitation de tous. Une telle société ne se fonde pas sur l'exclusion ou le racisme, ni sur l'idéalisation de l'immigration pour en justifier l'exploitation : l'immigration ne doit pas devenir une valeur, ce doit être un choix. La terre est à tous, la liberté de circuler doit devenir un droit. On ne peut soutenir l'immigration-exploitation, car c'est une conséquence du capitalisme. Il faut combattre le capitalisme pour que l'immigration devienne un vrai droit, un libre choix. En attendant, il faut partir de la réalité : il faut construire une conscience de classe au sein du prolétariat, et peu importe son identité culturelle, l'important c'est de s'éduquer et d'éduquer pour lutter correctement contre le capitalisme et ses divers visages. Prolétaires de tous pays, unissez vous !
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09.03.2008
Théorie 2
Théorie 2 2. L'extrême-droite : Ce terme générique couvre des attitudes et des idéologies qui sont parfois en apparente contradiction : comme par exemple le catholicisme intégrisme et le néo-nazisme racial et païen ou les nationalistes maurrasiens et les "identitaires" régionalistes. Les contradictions qui les divisent, parfois violemment, ne parviennent pas cependant à masquer un fond idéologique commun, que nombre de chercheurs ont déjà bien identifié (il suffit de se référer par exemple aux travaux de Pierre Milza par exemple). Il s'agit notamment : - d'une vénération de la Tradition : le caractère artificiel de cette notion fait que les différents groupuscules d'extrême-droite ne s'accordent pas sur une définition commune de celle-ci. - une recherche de l'autorité et une méfiance envers la démocratie, allant du rejet à des formes plus subtiles de "démocratie organique" ou "aristocratique" - et par dessus tout, une conviction profonde en la nature inégalitaire des hommes et des sociétés humaines. On aurait tort de résumer l'extrême droite au racisme suprématiste : ses principaux pôles "scientifiques" (tel le GRECE) ont depuis longtemps maintenant élaboré un rejet du suprématisme au profit d'un racialisme culturel, inspiré des écrits d'Evola, qui prône un apartheid exclusif et mondial en lieu et place du capitalisme consumériste mondialisé en qui ils voient le principal ennemi. Un changement du discours, plus que des idées, qui rapproche l'extrême droite de la pensée civilisationnelle et communautariste de Huntington. Les déclinaisons de ce nouveau look droitiste ne doit pas leurrer : peu de choses ont changé au fond à droite, et sur le terrain, les militants d'extrême droite s'attaquent plus à la présence musulmane qu'au "capitalisme mondial". La difficulté qu'a l'extrême droite à proposer un paradigme convaincant qui ne finisse pas comme toujours dans les clichés les plus vulgaires de la xénophobie tient à sa carence idéologique consubstantielle. il n'existe aujourd'hui que trois façons de considérer la politique : - de façon matérielle et compétitive : c'est la vision dite libérale, individualiste, "bourgeoise" en un mot. - de façon matérielle et sociale : c'est la vision socialiste et collectiviste, "prolétaire" en un mot. - ou alors en refusant cette dialectique au nom de la recherche supérieure d'un idéal spirituel absolu et métaphysique : c'est la vision exclusive, communautariste, aristocratique en un mot. Bien sûr, les frontières sont parfois poreuses entre ces visions, car les analyses subissent toujours des biais subjectifs. La vision aristocratique ne correspondant à rien devrait s'évanouir, mais elle bénéficie souvent du manque de profondeur spirituelle que, par maladresse, ne mette pas en avant les visions matérialistes, ou alors par manque d'éducation émancipatrice. Surtout en fait, elle laisse une "troisième voie" à ce qu'on appelle "classes moyennes", qui redoutant la crise du capitalisme, s'y réfugient pour tenter de sauver leurs maigres propriétés de la décadence annoncée. Ce qui permet d'entretenir l'illusion d'un phénomène de masse de ces voies "terceristes". Même si elle se place sur un champ "au delà" du matérielle, ces idéologies sont sommés de se positionner par rapport à ces questions, dont la crise expliquent leur développement par ailleurs. Rameutant les "classes moyennes" apeurées, elles se montrent souvent radicales dans leur critique (qui reste cependant plus métaphysique que révolutionnaire) du capitalisme. Elle se montre aussi souvent attiré par les théories et la radicalité socialiste. Mais elles sont incapables de proposer une alternative au capitalisme, ce sujet ne les préoccupant d'ailleurs que peu, elles se situent de manière préférencielle sur le terrain culturel, champ dans lequel elles espèrent forger un "homme nouveau", ou en tout cas une "élite nouvelle", enchaînée dans la parodie d'une Tradition détruite par l'oeuvre de la modernité bourgeoise. Le champ du réel, elles le désertent et le déserteront toujours, l'abandonnant, pour pourri et ininterressant, à ces capitalistes, dont ils deviennent ainsi et en fin de compte les protecteurs contre la seule alternative révolutionnaire qui s'attaque au capitalisme et à sa culture : le communisme. Parcourez les idées de cette ultra droite, les attaques contre le capitalisme sont pour l'essentiel d'ordre culturel, et jamais d'ordre substantiel. La médiocrité chez les "Meilleurs"...
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