07.01.2009

Solidarité internationale contre menaces fascistes.

La manifestation « pro palestinienne » de samedi a été une démonstration de force des courants de pensées fascistes à Strasbourg. D’un point de vue structurel, ceux-ci restent groupusculaires, mais la décadence du système bourgeois, dans la conjoncture aggravante de la crise financière, les aident à se déployer, à tel point, que cette manifestation, annoncée comme internationaliste et « laïque » a pu dégénérer en protestation antisémite sans la moindre réaction des autorités. Les médias eux-mêmes, prompts pourtant à lyncher toute atteinte à la pensée « antiraciste » bourgeoise, n’ont rien évoqué des multiples dérapages de la manifestation, des slogans « antisionistes » clairement antisémites, au drapeau israélien brûlé au pied de la statue du général Kléber.

Il convient de prendre clairement position sur le sujet de l’invasion de Gaza, qui a des répercutions jusqu’au sein des masses alsaciennes.

 

  1. L’invasion du point de vue internationaliste : solidarité totale avec le peuple palestinien victime de l’apartheid sioniste.

 

Nous avons déjà évoqué la nature de ce que nous appelons « sionisme », c’est-à-dire le communautarisme ethnoculturel « juif » qui a abouti à la création de l’entité sioniste en tant qu’Etat institué et à la genèse de la nation Israélienne. Nous condamnons dans le sionisme une définition exclusive de la nation qui ne peut qu’aboutir à la ségrégation et donc à l’oppression du peuple palestinien.

Il est juste de soutenir la résistance palestinienne et le combat pour une Palestine uni, indépendante et démocratique. Il est juste de condamner l’effroyable violence à laquelle est soumise la population civile palestinienne, confinée dans de véritables camps de concentration. Cette résistance et cette violence ne sont la conséquence que de l’idéologie sioniste, déterminée à tout prix à fonder un Etat majoritairement « juif » en Palestine. C’est cette idéologie qu’il faut combattre et abolir.

La seule solution de Paix est de construire un Etat unitaire qui intégrerait Palestiniens et Israéliens en tant que citoyens égaux. Ce fût en son temps, le programme du FPLP, mais depuis les années 80, celui-ci est débordé par les extrémistes du Hamas, que les services secrets israéliens ont largement soutenus contre cette organisation et contre l’OLP. Le Hamas n’a pas l’intention de tolérer l’existence de la nation israélienne, qui est désormais une réalité qu’on le veuille ou non. Mais sorti de ses déclarations extrémistes contre Israél, quand ce n’est pas contre l’ensemble des Juifs, et sorti de sa logorrhée islamique réactionnaire, le Hamas n’a pas de programme politique. C’est avant tout un groupe armé, et de plus en plus, une mafia « sociale » comme l’est aujourd’hui le Fatah.

En dehors du FPLP, il est donc difficilement tenable de soutenir une quelconque organisation palestinienne. L’aide doit donc viser avant tout les civils et non une organisation pantin de l’impérialisme comme le Hamas.

 

Il est important aussi de noter, surtout à l’attention des strasbourgeois de confession juive qui pourraient se sentir des affinités avec Israél, l’échec total de l’idéologie sioniste. Celle-ci se proposait de bâtir un Etat sanctuaire pour les Juifs du monde entier. Et voilà aujourd’hui un Etat surarmé, en situation de guerre avec ses voisins qui sont au mieux des « alliés » bien réticents (Turquie, Jordanie), des « neutres » hostiles (Egypte, Arabie Séoudite, Liban), des ennemis plus ou moins neutralisés (Syrie, Iraq) ou des ennemis déclarés (Iran). N’ayant réussi à se construire en paix (mais là les torts sont partagés, bien que cela ne reviennent de toute façon au même), Israél cherche, sinon à neutraliser, du moins à maintenir sa supériorité, face à ses ennemis. Voilà de quoi nourrir un complexe obsidional intense, notamment à l’égard de l’Iran, dont le Hezbollah libanais et le Hamas gazaoui apparaissent pour l’opinion publique comme les bras armés de Téhéran.

Il s’agit sans doute d’affaiblir les pantins avant de frapper le maître, pour limiter une attaque sur plusieurs fronts. Stratégie bien désespérée qui risque de souder Hamas et Hezbollah, pas si proche jusque-là, et de les rattacher encore plus à l’Iran… Qui se remettra tôt ou tard de toute « frappe préventive ». L’avenir d’Israél semble scellé. Les agitations militaires ne font que retarder le moment où Israél aura à faire face à une nouvelle guerre contre ses voisins, dont les opinions publiques lui sont jour après jour plus hostiles.

Les ennemis d’Israél n’ont pas le pouvoir de détruire Israél, mais ce qui se joue c’est encore la vie, ou plutôt la mort, de centaines de milliers de civils. Le tout sur un fond pesant de lutte pour les ressources en eau.

Seul l’abandon du sionisme, la fusion avec la nation palestinienne et une politique drastique de contrôle des naissances, pourra rétablir la paix.

Le sionisme est un cauchemar où se sont perdus les juifs qui ont voulu y croire. Il est temps de se réveiller.

 

  1. Les conséquences de l’invasion de Gaza à Strasbourg :

 

Que les masses se sentent solidaires d’un peuple opprimé, quoi de plus normal ?

Cette saine réaction a pourtant été pourrie par les antisémites.

Notamment par le « PMF » dont les liens avec l’extrême droite fasciste sont depuis toujours évidents. Même la très islamophobe « Alsace d’Abord » se montre très prudente sur la critique de la participation du parti de Mohamed Latrèche à cette manifestation. Pour les quelques groupuscules réactionnaires religieux qui cherchent à détourner les masses musulmanes des quartiers alsaciens de leur alliance avec les opprimés prolétaires nationaux au nom du communautarisme, et au premier chef de ces groupuscules, le PMF, il s’agissait de transformer cette manifestation en un délire fascisant et décadent (drapeau israélien brûlé, assimilation sioniste = nazi…) et en démonstration de force.

 

Et ce fut une réussite. On ne peut que constater la réussite du discours « antiraciste » bourgeois qui a toujours voulu maintenir l’idée d’une lutte contre le « racisme » français afin de mieux laisser grandir la méfiance au sein des masses. Aujourd’hui, les masses « musulmanes » issues des quartiers ne s’identifient pas au prolétariat, mais, privées de leur identité communiste par l’absence d’un parti de masse prolétarien digne de ce nom, sont à la merci de n’importe quel discours fasciste. Perdue dans sa collaboration avec les institutions bourgeoises, la gauche ne se structure plus là où est sa force, là où est sa place, son rôle historique selon Marx, mais se vautre dans la lutte des places pour défendre un ordre bourgeois qui vacille aujourd’hui, ce qui risque bien de faire le lit du fascisme.

Un nouveau fascisme, bien sûr, avec de nouveaux noms, de nouveaux mots d’ordres, mais toujours le même fond de commerce : le culte de la violence (le sens de toute ses cagoules et autres keffieh), la mobilisation militaire derrière le « chef », la foi en l’Idée (quelle se nomme « Allah », « Jésus » ou « Nation »). Et même le même antisémitisme.

Car qui n’a pas vu que pour le PMF comme pour la majorité des masses dévoyées par ces fascistes le mot « sioniste » désigne un ennemi omniprésent, même ici à Strasbourg, un ennemi comploteur, malin et puissant : le Juif. Drumont en serait devenu musulman à moins que ce ne soit le contraire. 2009, le premier rassemblement de masse fasciste et antisémite depuis bien longtemps.

Voilà de quoi alimenter la montée de l’islamophobie, car en scandant à qui veut l’entendre des références musulmanes, les fascistes du PMF entretiennent le cliché, qui est leur deuxième fond de commerce.

Notons pour finir le silence assourdissant des médias sur ces dérives pourtant bien visibles, eux qui sont pourtant prompts à dénoncer le moindre soupçon d’antisémitisme chez les nationalistes, il semble que chez les communautaristes musulmans celui-ci leur échappe totalement. Crainte des débordement si les policiers seraient intervenus ? Crainte d’affoler une opinion publique déjà inquiète ?

La preuve que la situation commence à échapper au contrôle des forces de l’ordre bourgeois. Ceci devrait être une bonne nouvelle mais…

On le sait pourtant : décadence bourgeoise = montée de l’extrémisme (que l’on le nomme « fasciste » ou non peut importe : le mot fasciste est clair pour tous). Il est urgent de construire un parti de masse démocratique pour défendre le Peuple contre les dérives d’une bourgeoisie aux abois et contre la montée, déjà bien entamée, de l’extrémisme fasciste (identitaire, nationaliste, communautariste…).

 

Unité, Démocratie : pas de guerre entre les Peuples, pas de paix entre les Classes !

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