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29.05.2008

International : soutien à la lutte des classes au Maroc !

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International : soutien à la lutte des classes au Maroc !

Voici un appel de nos camarades communistes au Maroc :
rappellons qu'aucun média bourgeois n'a même évoqué sérieusement cette révolte, signe de la vitalité de la contestation communiste au Maroc, un Etat semi féodal en état de soumission aux intérêts de la classe bourgeoise européenne en particulier, où les seuls contestataires dont la propagande bourgeoise juge bon de nous parler sont les islamistes réactionnaires. Ce qui aide à entretenir en France l'image d'une société arriérée, dangereuse et permet de faire la retape du concept de "civilization clash", mythe repoussoir occidental qui justifie toutes les répressions et l'exploitation post coloniale des peuples soumis à l'influence de la bourgeoisie européenne.

ampagne de solidarité avec les détenus politiques du mouvement étudiant au Maroc

Non à la répression des étudiants! Pour la liberté syndicale et politique à l’université et pour les revendication légales des étudiants !

Après une série de luttes militantes qu’a mené le mouvement étudiant au Maroc, dans le cadre de l’union national des étudiants du Maroc (UNEM) dans plusieurs universités marocaines en protestation contre le plan du régime en place pour détruire l’enseignement public et lui mettre fin, et contre la remise en cause des * libertés syndicales et politiques dans l’université marocaine, le régime réactionnaire en place au Maroc a organisé une attaque sauvage contre le mouvement étudiant à l’université de Marrakech.

Cette attaque dans laquelle il a utilisé tous les outils de répression possible et même celle que vous ne pouvez pas imaginé ( chiens policiers, bombes lacrymogènes..) a eu comme résultat la détention de 300 militants étudiants, qui ont été traité sauvagement et brutalisé par tout sortes de tortures (psychique et physique).

Il reste 18 détenus politique parmi lesquels il y a une militante:

(zahra bodkor (militante) -Aalae Edarbali -Mourad chwini -Otman Ohwini -yousef machdofi - Mohamed jamily -Mohamed Làarbi Jadi -Khalid Miftah -Jalal Kotbi -Younes Salmi -Abdelah Errachdi -Yousef Alàlaoui -Hafid Elhafdi -Mansour Ghridou - redouan ezobairy Elidrissi Hicham -Elidrissi Mohamed -Houssaine Nasr)

qui se sont représenté a des procès formels « simulés », avec des frais qui montrent le caractère rétrograde du régime en place au Maroc (6 camarades sont accusés de crimes et 11 camarades accusés de délit)

Dans une tentative de trouver des preuves pour soutenir les accusations contre ces militants et la militante, les organes de répression à Marrakech ont pris d'assaut des maisons de presque 37 camarades en pleine nuit et ont volé leurs biens, en particulier les ordinateurs et les téléphones mobiles……..

Ainsi, le mouvement étudiant à Marrakech a désormais 18 nouveaux détenus, en plus de trois détenus d'Errachidia. Ces camarades qui sont encore derrière les barreaux de leurs cellules de ce régime réactionnaire depuis l'année dernière, et qui payent d'impôt de deux ans de détention pour la défense des droits légitimes des étudiants, la lutte pour tenir la ligne démocratique à l'Université du Maroc.

Ce qui s’est passé à Marrakech et dans toutes les universités qui sont contre la paix sociale et qui défendent la gratuité de l'enseignement, confirme la fausseté des allégations concrètes faisant l'éloge du système démocratique fondé au Maroc et montre la faillite de tous les slogans sur les droits de l'homme et la primauté du droit.

Ce qu’a connu le mouvement étudiant au Maroc prouve pour la millième fois que nous vivons dans une ère de dictature dans la plus pire de ses formes.

En affirmant votre solidarité avec les masses d'étudiants au Maroc:

* vous soutenez les militants et militantes pour la liberté et la dignité.
* vous soutenez la lutte pour extraire le droit à la liberté d'expression et de pensée.
* vous condamnez toutes les formes de torture pratiquées par le régime de dictature au Maroc contre eux.
* Vous supportez tous les détenus politiques qui ont donné leurs libertés pour la dignité, la liberté et le droit à l'éducation et à atteindre toutes les exigences physiques et démocratiques des étudiants marocains.
* vous démasquez les slogans démagogues promus par le régime en place au Maroc et tous ses clients.
* votre solidarité est un soutien à tous militants progressistes au Maroc et dans le monde et une condamnation de toutes les dictatures fondées sur l'oppression de nos peuples.

Démocratie pour les masses marocaines !

15.05.2008

Que penser de la "question" de l'immigration ?

La lutte des travailleurs sans papiers met la question de l'immigration, à nouveau, au-devant de la scène médiatique. La "question" de l'immigration est une vieille question, que se sont toujours posées les sociétés. Il nous faut contextualiser cette question et en dégager l'intérêt pour les masses.

D'abord un constat historique : le phénomène migratoire a toujours existé, pacifique ou guerrier, volontaire ou subi, d'exploitation ou de conquête, en fait les hommes se sont toujours déplacés. Ces migrations ont toujours influencé, plus ou moins, les dynamiques sociales internes des sociétés d'accueil, selon qu'elles étaient en situation de force ou de crise.
Les dynamiques internes à l'oeuvre dans une société sont modifiées par des influences externes. Il en est ainsi de la lutte des classes en France.

Il nous faut donc partir de la situation actuelle, sans trop nous attarder sur la construction historique du phénomène migratoire. Le capitalisme utilise les migrations. Cela est évident, les immigrés qui arrivent en France subissent de plein fouet l’oppression impérialiste des sociétés capitalistes et de ses conséquences : appauvrissement, exploitation, soutien à des bureaucraties locales inféodées, maintien de la misère et des violences... Il est devenu courant de qualifier cette situation de "néocolonialisme". En fait, il s'agit simplement de "post colonialisme", car tant que le capitalisme sera dominant, l'impérialisme sera la nature des relations internationales en particulier avec les sociétés du Tiers Monde, la colonisation directe n'est qu'un avatar de l'impérialisme, pas son aboutissement.

La première cause de l'immigration, c'est donc avant tout l'existence de l'impérialisme, que l'on qualifie parfois pudiquement de "fossé" ou "inégalités" Nord-Sud.

Les choses ne s'arrêtent pas là, le phénomène migratoire sert aussi au capitalisme de réservoir de main-d’oeuvre, pas forcément peu qualifiée, mais en tout cas plus docile, car souvent moins politisée et plus discrète. De plus, ce phénomène devenu massif, permet de maintenir les classes moyennes dans un certain confort en résolvant le problème de l'accomplissement des tâches les plus pénibles, l’intégration et la collaboration des classes moyennes passe en partie par l'exploitation de ce prolétariat immigré. Enfin, cette exploitation ne pouvant se faire sans violence, les révoltes de ce prolétariat sont analysées comme un phénomène culturel et légitime la mise en place d'une politique communautaire, suivant en cela les acquis de l'expérience de la bourgeoisie et des classes moyennes américaine notamment.

Cette politique communautaire permet doublement le maintien, provisoire, des classes moyennes dans une situation petite-bourgeoise :
- En favorisant l'émergence d'une classe moyenne immigrée, favorable à la société capitaliste (petits ou moyens fonctionnaires, cadres ou employés des services, profession libérale dans la restauration ou la distribution...) qui en jouant sur le ressort identitaire encadre l'exploitation du prolétariat de sa communauté.
- En légitimant la ségrégation sociale, après les ghettos identitaires, ce sont les ghettos sociaux qui sont en jeu : comme dans les "gated communities" américaine, la bourgeoisie et les classes moyennes s'enfermeront dans des quartiers "réservées", où peu à peu viendront s'installer les classes moyennes immigrées faire valoir.

Voilà comment est gérée l'immigration dans la société capitaliste française.

Maintenant que faire ?

La question de l'immigration est une fausse question. Le problème n'est pas l'immigration, c'est le capitalisme et sa logique de profit. Si on rejette la gestion capitaliste de ce phénomène quelles sont donc les alternatives ?
Il n'y en a qu'une : le communisme.

L'extrême droite (au pluriel) prétend avoir sa solution, mais elle tourne toujours autour de son obsession xénophobe du chacun chez soi, même quand elle se pare des subtilités rhétoriques "ethno différentialistes". La preuve est l'incompétence de l'extrême droite à formuler une alternative au capitalisme, qu'elle identifie aussi, suivant en cela les analyses marxistes comme une conséquence de ce mode de production. Mais l'extrême droite est idéaliste : elle ne critique pas le capitalisme en tant que tel : elle le condamne en tant que culture.
Par quoi propose-t-elle de le remplacer ?
Trois possibilités sont suivies :
- le retour au capitalisme "familial", celui du 19ème siècle, avant que le progrès technique ne permette la mondialisation telle que nous la vivons aujourd'hui. On voit mal comment un tel retour n'empêcherait pas le capitalisme de redevenir industriel et même financier, de plus il y quelque chose d'illogique à penser d'un côté le capitalisme comme intrinsèquement "mal" (vision métaphysique) d'une part et supposer que sa version "familiale" (c'est-à-dire compatible avec les classes moyennes et le "bon temps des boutiques") serait "bonne". C'est un idéal qui se heurte à la logique compétitive du capitalisme et donc à la concentration des moyens de production. C'est le rêve des classes moyennes boutiquières et petites-bourgeoises qui s'imaginent "convertir" le capitalisme à des valeurs patriarcales censées le tempérer. Et cela sans même évoquer l'exploitation du prolétariat et la soumission des femmes que suppose ce modèle.
- le "socialisme" inégalitaire : une partie de l'extrême droite est fascinée par les modèles et la pensée de gauche. Choisissant de rejeter le capitalisme, elle adhère à la volonté de bâtir le socialisme. La comparaison s'arrête là. Car pour ces "socialistes" de droite, le socialisme n'est pas la lutte des classes et la disparition des inégalités, c'est précisément la revendication, presque darwinienne, de ces inégalités. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les "socialistes" de droite sont les plus ardents promoteurs de la compétition sociale, qui fait émerger des chefs. Leur vision inégalitariste détruit en fait leur logorrhée socialiste : ce dont ils rêvent en réalité c'est un retour à une économie féodale, modernisée, mais fonctionnant sur le modèle féodal : avec ses corporations, ses maîtres, ses communautés et leurs valeurs patriarcales, terriennes et profondément xénophobe, sa hiérarchie puissante et sa spiritualité au service de la domination sociale d'une élité qui se pense être le "groupe", la "tribu", en compétition permanente avec les autres communautés. Ce modèle d'économie autarcique nourrit en fait des visées totalitaires et impérialistes.
- La collaboration pure et simple avec le capitalisme, sur le modèle autoritaire d'un Franco ou d'un Pinochet.

Dans tous les cas, il s'agit soit de renforcer la violence et l'exploitation capitaliste en lui donnant les outils pour se défendre avec un Etat tout puissant, et un parti totalitaire chargé d'intégrer les masses, soit de remplacer la violence capitaliste par la violence communautariste.

Le communisme propose un autre modèle : un modèle international, partant de la réalité, l'immigration est un fait : les masses immigrées doivent donc rejoindre leurs frères exploités pour bâtir ensemble une nouvelle société ou la propriété privée des moyens de production est remplacée par la propriété collective, ou la coopération sociale de chacun remplace l'exploitation de tous. Une telle société ne se fonde pas sur l'exclusion ou le racisme, ni sur l'idéalisation de l'immigration pour en justifier l'exploitation : l'immigration ne doit pas devenir une valeur, ce doit être un choix. La terre est à tous, la liberté de circuler doit devenir un droit.
On ne peut soutenir l'immigration-exploitation, car c'est une conséquence du capitalisme. Il faut combattre le capitalisme pour que l'immigration devienne un vrai droit, un libre choix.
En attendant, il faut partir de la réalité : il faut construire une conscience de classe au sein du prolétariat, et peu importe son identité culturelle, l'important c'est de s'éduquer et d'éduquer pour lutter correctement contre le capitalisme et ses divers visages.

Prolétaires de tous pays, unissez vous !

10.05.2008

Que penser de la montée du fascisme ?

L'exemple de la répression de la manif fasciste du 9 mai à Paris.

La "répression" de la manifestation fasciste du 9 mai est-elle une bonne chose? Son interdiction puis les arrestations servent-elles à long terme l'antifascisme?

La répression est policière et donc étrangère aux masses. Et elle contribue à l'image "anti-système" des fascistes, qui auront beau jeu de se présenter comme les "seuls" et "authentiques" "révolutionnaires".

Car, il faut être totalement naïf pour s'imaginer que le 9 mai intéresse vraiment les fascistes. Le 9 mai n'est qu'une composante d'un large tout, de multiples réseaux et actions s'entre-mêlant et que les fascistes appellent la "métapolitique" (=au-delà de la politique).

Leur but: la bataille culturelle pour l'accumulation de forces et la conquête de l'hégémonie. Le 9 mai est une pierre à cet édifice "ambitieux" qu'est la constitution d'un nouveau projet authentiquement fasciste.

L'Etat bourgeois avait pourtant largement de quoi quadriller la manifestation fasciste et la laisser pourrir dans un coin, histoire de dire: cette poignée faisant une manif "apolitique" on la tient à l'oeil, encadrée.

Au lieu de cela, l'Etat a fait le cadeau aux fascistes d'une pseudo répression dont ils profiteront pour s'approprier une aura de "rebelles" et avoir un maximum d'écho chez les masses populaires frappées par la crise générale du capitalisme...

Ils diront: "Regardez: ils interdisent nos rassemblements, ils nous répriment dans les rues, dans les stades de football, pendant que Besancenot passe chez Drucker... C'est nous les vrais opposants...".


Il y a un fait très clair aujourd'hui. C'est que les fascistes sont dans une phase ascendante.

Ils sont plus nombreux, disposent de différentes organisations ayant plus ou moins un programme de revendications; ils sont accompagnés de nombreux intellectuels, remettant au goût du jour toute la série des auteurs classiques du fascisme, et cela sous toutes ses variantes possibles, du national-syndicalisme au catholicisme ultra-conservateur.

Ils forment des cadres, ils font du travail de masse pour rassembler sous leurs bannières.
Pour cette raison, il faut absolument en terminer avec la conception selon laquelle le fascisme serait une "idée".

Il y en a en effet beaucoup aujourd'hui dans le camp antifasciste qui font encore une erreur centrale. Ils ont une conception non dialectique du fascisme et ne voient pas qu'en plus d'être des ennemis, les fascistes sont des "concurrents".

Car les fascistes ne sont pas que des ennemis, des réactionnaires, ils sont un produit de la société capitaliste et partant de là ils vont être inévitablement de plus en plus nombreux, dans le sillage de la crise du capitalisme.

Les fascistes se définissent systématiquement comme "révolutionnaires" et en limitant la critique des fascistes à la dénonciation, on leur permet d'affirmer que les antifascistes sont liés au "système", ne sont pas les vrais révolutionnaires, etc.

C'est une énorme erreur tactique face à la démagogie "révolutionnaire" des fascistes.

En fait, ceux qui se trompent s'appuient sur les fondamentaux suivants: tout d'abord, les fascistes ne sont considérés que comme une poignée d'arriérés passéistes. Au lieu des les considérer pour ce qu'ils sont, à savoir les produits ultra-modernes du capitalisme pourrissant, on les prend pour des ringards tournés vers le passé (...).

Dans cette conception, le fascisme n'est qu'un "point de vue" totalement délirant, une sorte de maladie mentale qu'il suffirait de dénoncer pour qu'elle ne se propage pas.

C'est le concept du fascisme comme "gangrène". C'est naturellement une définition totalement petite-bourgeoise, digne de la Ligue des Droits de l'Homme, définition n'ayant rien à voir avec la réalité.

A aucun moment le fascisme n'est compris comme tendance historique, comme phénomène lié au capitalisme et à sa crise; on s'imagine alors pouvoir écraser le fascisme sans voir dans quelle mesure la crise capitaliste le renforce!

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