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23.04.2008
A propos des religions
3. La place des religions à Strasbourg :
La place des religions en Alsace est particulière. Les deux départements alsaciens et la moselle ayant été allemands entre 1870 et 1918, ils n'ont pas été concerné par la politique anticléricale de la IIIème République au début du XXème siècle. La loi de 1905 sur la séparation entre l'Eglise et l'Etat bourgeois ne s'y applique pas. Les religions en alsace sont encore régit par le Concordat de 1801. ce Concrodat accorde une prééminence relative à la religion catholique (aujourd'hui ramenée à l'égalité avec les autres confessions "concordataires") et considére le clergé de trois religions (catholique, protestante sous ces confessions traditionnelles et juive) comme relevant de la fonction publique. L'enseignement religieux est en outre obligatoire dans les écoles de ces trois départements. Voilà les principaux traits distinctifs de ce Concordat.
Deux problèmes se posent :
- La question de la laïcité
- La question de la place de l'islam, arrivé en alsace avec la politique bourgeoise d'appel à la main d'oeuvre immigré en provenance des anciennes colonies française dans l'après guerre et surtout avec la politique de regroupement familial à partir des années 1970.
Ces deux problèmes sont en fait liés. L'existence de ce Concordat est susceptible de poser un malaise auprès des areligieux, des musulmans ou des autres croyants de religion non concordataire. En l'occurence, à l'heure actuelle les masses restent assez indifférentes sur cette question, seule une élite cléricale, soutenu par une petite bourgeoise musulmane en voie de constitution semble s'agiter pour obtenir un statut officiel pour la religion musulmane. On pourrait subjectivement penser que l'intérêt des masses est d'obtenir une égalité totale à travers le Concordat, et donc l'accorder aussi à l'islam.
Cela est faux.
Le Concordat ne favorise pas la liberté religieuse, mais institue des privilèges pour les religieux. Il n'est pas dans l'intérêt des masses de soutenir un élargissement du Concordat. D'autant que cet élargissement est soutenu par toute une frange de la bourgeoisie, celle qui pense trouver un appui dans une politique communautariste. Cette bourgeoisie cherche à s'allier à la petite bourgeoisie musulmane entrepreneriale en lui donnant un statut social : celui de bienfaiteur et de guide de sa communauté. Une manière de diviser les masses, comme si l'intérêt des masses musulmanes n'était pas de s'unir avec le reste des opprimés, comme si la petite bourgeoisie musulmane n'était pas une ennemie de classe pour les prolétaires musulmans, qui n'ont rien à attendre de la bourgeoisie, quelque soit son visage. Joué la "culture", l'"identité" contre les intérêt de classe, c'est servir l'oppresseur, c'est trahir la révolution.
Les masses n'ont pas besoin du concordat.
Elles attendent en revanche de l'égalité religieuse. .
La place de l'islam :
L'islam doit avoir dans le paysage alsacien la place qui lui revient, il faut des lieux de culte digne pour les croyants musulmans, mais des lieux de cultes autogérés par les masses et non par des religieux aux ordres de la bourgeoisie, ou des religieux réactionnaires, ennemis de le révolution et du progrès de la démocratie. Il ne faut pas donner aux masses des mosquées, il faut donner aux masses les moyens de construire, gérer et faire vivre des mosquées. Donner des lieux de culte, c'est un héritage de la gestion coloniale, c'est ne pas laisser les masses s'organiser pour se gérer elles mêmes, c'est croire qu'il faut une élite.
Les masses n'ont pas besoin de mosquée cathédrale, ni d'une faculté musulmane destinée à former une élite pro bourgeoise. Elles ont besoin de lieu de culte décent, et il faut que ces lieux de cultes soit autogérés, sinon les masses seront soumises à un clergé soit pro bourgeois, soit réactionnaire. Une fois ce besoin satisafait, les masses musulmanes, autogérées, pourront s'émanciper et rejoindre la collectivité des prolétaires. Dans tous les autres cas, elles se replieront sur leur communauté, et leur dialectique subjective se limitera à la lutte entre la bourgeoisie musulmane partisane de l'intégration socio économique et de la spécificité culturelle face aux relgieux fondamentalistes réactionnaires.
La place des religions concordataires :
Il faut abolir le concordat. Certains défendent le concordat comme un élément de "l'identité" alsacienne. Il est ridicule de penser que l'oeuvre d'un tyran jacobin puisse fonder en quelque manière que ce fût l'identité d'une région. C'est une aberration historique. Le droit local contient, lui, des éléments qui sont hérités de la lutte des classes en Alsace, par exemple en matière de sécurité sociale. C'est cela le patrimoine du prolétariat et des masses en Alsace. Le concordat ne doit pas être confondu avec le droit local.
Il faut abolir le concordat et établir une véritable liberté religieuse en supprimant toute forme de clergé. Les facultés théologiques devrait être fermée et remplacé par une faculté d'enseignement religieux, incluant toutes les religions au moins jusqu'en licence. La spécialisation sur telle ou telle confession devant intervenir le plus tard possible. Aucun débouché professionnel ne devrait être offert à ces étudiants, en dehors de la recherche et de l'enseignement en son sein.
La religion est une part de l'épistémé, ni plus ni moins, qui mérite qu'on s'y interesse. Pas qu'on en vive.
11:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religions, identité, gauche, droite, communisme, strasbourg




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