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30.01.2008
théorie
Le socialisme, la "Révolution" autant de mots qu'emploient aujourd'hui nombre de groupe (-uscules) se revendiquant alternatifs et anticapitalistes. L'important est de trier tout cela : déjà dans une approche idéologique définir ce qu'est le "socialisme" et ensuite analyser les courants qui s'en revendiquent.
1. Le socialisme :
Nombreux sont les groupes qui prétendre avoir une approche "sociale" de la politique : sociaux libéraux, sociaux démocrates, socialistes révolutionnaires, socialistes libertaires, socialistes nationaux ... et ceux qui s'en se référer au socialisme, prétendre l'incarner (ou tout du moins une certaine forme) ou alors le rejeter, pour en général le "dépasser".
Le premier écueil est d'avoir une approche métaphysique du socialisme : croire qu'il existe un idéal qu'il suffit à l'Homme d'atteindre en s'élevant, élévation à laquelle il peut parvenir par une approche culturelle, quasi mystique que certains qualifient de "métapolitique". Pour ces métaphysiciens le "bien" est une donnée immuable, éternelle. On le voit cette approche est proche des analyses religieuses révélées et bien des courants intégristes se rattachent à cette tendance. Mais il existe aussi des courants laïques qui s'en revendiquent : la plupart des courants d'extrême droite, mais aussi nombres de courants "agrariens" alternatifs et bien sûr la grande majorité des chapelles anarchistes. Cette vision du monde amène à considérer le monde d'aujourd'hui comme une déviance, un déclin, une débauche qu'il faut rejeter pour adhérer à de nouvelles valeurs, que l'on va souvent chercher dans un ailleurs, soit un passé mythifié, soit chez des peuples "premiers", on cherche en fait à "revenir" à un âge d'or, une Tradition abstraite mais que l'on veut voir dans les permanences de certains éléments de notre mentalités. Les métaphysiciens applaudissent en général aux travaux des structuralistes et de leurs émules, qui cherchent à démontrer le caractère invariant de certaines de nos représentations, et partant de nos comportements. Cela amène aussi à rejeter la culture moderne, la consommation et finalement le progrès pour purifier notre mode de vie. La lutte devient d'abord culturelle et arrêter de consommer du coca devient un acte de "résistance", moins à une multi nationale de l'agroalimentaire qu'à un symbole de la culture consumériste, très souvent associé d'ailleurs à la puissance américaine (oubliant au passage le capitalisme "bio", et l'impérialisme des autres nations bourgeoises).
Tout n'est pas cependant à rejeter dans cette approche, le combat pour le socialisme à certainement une dimension culturelle et mystique, on ne saurait le négliger et toutes les expériences socialistes réelles ont utilisée "l'arme culturelle" (agit prop...). Reste que la dimension essentiellement métaphysique, elle, doit être absolument rejetée.
Et ceci au nom d'une approche dialectique du socialisme. La dialectique n'est pas une forme du dualisme (le "bien" contre le "mal") ce qui la rapprocherait finalement de la métaphysique, la dialectique c'est un outil qui amène à considérer le monde comme lieu d'affrontement entre des principes contraires. Ces contradictions, et leur lutte sont le moteur de toutes sociétés humaines, ce qui fait qu'elles ne contiennent ni totalement le "mal" ni totalement le "bien" qui ne sont que l'expression de nos représentations elles mêmes conditionnés par ces contradictions. La dialectique amène donc à penser qu'il existe déjà des "ilôts" de socialisme dans notre société capitaliste, ces ilôts il faut les identifier, les défendre et les renforcer (stratégie évolutionniste) pour accentuer la contradiction. Cette démarche volontaire doit amener à accumuler les forces nécessaires pour attaquer la forme de domination au pouvoir (stratégie révolutionnaire).
Or une approche métaphysique ne permet pas d'atteindre ce degrés de conscience : en considérant notre société comme une expression culturelle, on ne cherche soit qu'à "convertir" le capitalisme au lieu de chercher à le détruire soit à l'affronter comme un ennemi mystique, en le laissant pourrir jusqu'au Grand Soir. Ce qui revient à abandonner les "ilôts" socialistes, donc à ne pas renforcer la contradiction et finalement au lieu du "pourrissement" on renforce le capitalisme. On peut aussi choisir la retraite alternative, qui consiste à développer des modes de vies qui se veulent anticapitalistes. Certaines de ces expériences peuvent être des ilôts socialistes.
A vrai dire on ne peut séparer la démarche évolutionniste (à laquelle parviennent certains métaphysiciens du socialisme dans le meilleur de cas) de la démarche révolutionnaire, qui reste de facto inaccessible à ceux qui ne suivent pas une démarche dialectique.
20:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, identité, strasbourg, municipales



